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ANALYSE : Trump promet que la guerre en Iran sera finie « très bientôt » et le monde retient son souffle
Crédit: Adobe Stock

La guerre des nombres pour masquer la réalité du terrain

Trump a annoncé que les États-Unis et Israël avaient frappé 5 000 cibles depuis le début de la guerre le 28 février. Cinq mille. En dix jours. C’est 500 cibles par jour. Plus de 20 par heure. Une cadence de bombardement qui dépasse celle des premiers jours de « Shock and Awe » en Irak en 2003. Les cibles incluent des installations militaires à Téhéran, Ispahan, Qom, Karaj et Kermanshah. Des bases des Gardiens de la Révolution. Des sites nucléaires. Des centres de commandement.

Mais les chiffres ne disent pas tout. Les dommages collatéraux sont considérables. Des écoles endommagées. Des hôpitaux touchés. Le Grand Bazar de Téhéran, vieux de plusieurs siècles, affecté par les explosions. Le Palais du Golestan, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, endommagé. 300 enfants et adolescents hospitalisés. 100 000 personnes qui ont fui Téhéran dans les 48 premières heures. Trump parle de 5 000 cibles. Les Iraniens parlent de 5 000 explosions dans leur pays. Les mêmes nombres. Deux réalités diamétralement opposées.


Quand un président annonce 5 000 cibles frappées avec la fierté d’un PDG qui présente ses résultats trimestriels, il y a quelque chose de profondément brisé dans notre façon de concevoir la guerre. Chaque « cible » est un bâtiment. Chaque bâtiment est dans un quartier. Chaque quartier a des habitants. Des enfants qui dormaient. Des parents qui préparaient le petit-déjeuner. Des vieux qui priaient. Mais dans le langage aseptisé de la guerre moderne, ce ne sont pas des vies. Ce sont des « cibles ». Et 5 000 cibles, dans la bouche de Trump, ça sonne comme une victoire. Pas comme un deuil.

La capacité militaire iranienne selon Trump : « environ 10 pour cent »

Le président a affirmé que la capacité de missiles de l’Iran avait été réduite à « environ 10 pour cent, peut-être moins ». Dans un entretien téléphonique avec CBS News, il est allé plus loin : « Je pense que la guerre est pratiquement terminée. Ils n’ont plus de marine, plus de communications, plus d’armée de l’air. » C’est une affirmation extraordinairement catégorique. Et les experts militaires la contestent. L’Iran dispose de stocks de missiles dispersés dans des tunnels souterrains à travers le pays. Les frappes de représailles iraniennes sur les bases américaines dans le Golfe se poursuivent. Les drones Shahed continuent de voler. Et la menace sur le détroit d’Ormuz n’a jamais été aussi sérieuse.

L’histoire militaire regorge de déclarations de victoire prématurées. George W. Bush sur le pont du USS Abraham Lincoln en mai 2003, devant la banderole « Mission Accomplished », alors que la guerre d’Irak allait durer encore huit ans. Lyndon Johnson qui voyait la « lumière au bout du tunnel » au Vietnam en 1967, un an avant l’offensive du Têt. La guerre n’est jamais « pratiquement terminée » quand l’ennemi continue de tirer. Et l’Iran, le 9 mars 2026, continue de tirer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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