Skip to content
ANALYSE : Von der Leyen promet 90 milliards à l’Ukraine — le veto d’Orbán ne changera rien
Crédit: Adobe Stock

Orbán exige le pétrole russe — la condition qui dit tout

La condition posée par Budapest est d’une obscénité stratégique rare dans l’histoire de l’Union européenne. La Hongrie exige la reprise du transit du pétrole russe via l’oléoduc Droujba comme préalable au déblocage du prêt. Traduction : Orbán demande à l’Ukraine de faciliter le financement de l’armée qui la bombarde. Chaque baril de brut russe qui transite par le Droujba génère des revenus pour le Kremlin. Des revenus qui achètent des missiles Iskander. Des drones Shahed. Des bombes planantes FAB-3000. L’oléoduc s’appelle Droujba — « Amitié » en russe. L’amitié entre qui et qui? Entre la Russie qui pilonne Kharkiv chaque nuit et la Hongrie qui bloque l’aide européenne chaque jour?

Le précédent slovaque — quand Fico menace de rejoindre le blocage

Le premier ministre slovaque Robert Fico a indiqué qu’il pourrait suivre l’exemple de la Hongrie et bloquer à son tour le prêt si le parti Fidesz d’Orbán perdait les élections hongroises prévues le 12 avril. La menace est révélatrice : Fico ne conditionne pas son veto à une question de politique européenne. Il le conditionne au résultat électoral d’un autre pays. Si la Slovaquie rejoignait la Hongrie dans le blocage, ce serait deux pays contre 25. Deux pays dont le PIB combiné représente moins de 3% du PIB européen total. Deux pays qui prendraient en otage la politique de sécurité de 450 millions d’Européens. Le système de l’unanimité — conçu pour protéger les petits États — deviendrait l’arme de deux petits États contre tous les autres.

Quand Orbán dit « pétrole russe d’abord, aide à l’Ukraine ensuite », il faut comprendre : « les intérêts de Moscou d’abord, la survie de l’Ukraine peut attendre ». Ce n’est pas un désaccord politique. Ce n’est pas une divergence de vue sur la politique énergétique. C’est un chef d’État européen qui utilise son droit de veto pour servir les intérêts de l’agresseur — pendant que l’agresseur tue des civils européens. Et l’Europe appelle ça « déloyauté ». Le mot juste serait bien plus dur.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu