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ANALYSE : Washington accorde un passe-droit de 30 jours sur le pétrole russe et jure que ses sanctions sont intactes
Crédit: Adobe Stock

Des « alliés de bonne foi » qui achètent du pétrole à l’ennemi

Scott Bessent a déployé un arsenal rhétorique remarquable pour justifier le passe-droit. « Nos alliés en Inde ont été de bons acteurs et ont précédemment cessé d’acheter du pétrole russe sanctionné », a-t-il déclaré. La phrase est fascinante. L’Inde est le plus grand importateur de brut russe au monde. La Russie est le premier fournisseur de pétrole de l’Inde. En février 2026, l’Inde importait encore massivement du brut russe. Mais Bessent affirme qu’ils ont été de « bons acteurs ». Les mots ne correspondent pas aux faits. Et c’est exactement le but.

Bessent a ensuite ajouté : « Le Trésor a accepté de laisser nos alliés en Inde commencer à acheter du pétrole russe déjà en mer… pour combler le déficit temporaire. » La formulation est chirurgicale. « Déjà en mer » — comme si le problème n’était que logistique. « Déficit temporaire » — comme si la guerre en Iran allait se terminer dans trente jours. « Alliés » — pour rappeler que l’Inde est trop précieuse stratégiquement pour être sanctionnée. Quand Bessent dit « comprendre », il faut lire : « nous avons besoin de l’Inde contre la Chine, alors nous fermons les yeux sur le pétrole russe. »

L’aveu qui change tout — « des centaines de millions de barils sanctionnés »

Mais le moment le plus révélateur est venu lors d’une interview sur Fox Business. Bessent a lâché une phrase que peu ont relevée : « Il y a des centaines de millions de barils sanctionnés en mer. En les désanctionnant, le Trésor peut créer de l’offre. » Relisez. Le secrétaire au Trésor américain vient d’admettre que les sanctions elles-mêmes sont un outil de politique pétrolière. On les impose quand le pétrole est abondant. On les retire quand il est rare. Les sanctions ne sont plus un instrument de pression géopolitique contre Moscou. Elles sont devenues un robinet que Washington ouvre et ferme selon le prix du baril.

Et Bessent a été encore plus explicite : il a indiqué que ce passe-droit pourrait « ne pas être le dernier ». Que davantage de pétrole russe pourrait être « désanctionné » à l’avenir. L’administration Trump met en place un programme de réassurance maritime de 20 milliards de dollars via la DFC (International Development Finance Corporation) pour protéger les navires traversant le détroit d’Ormuz. Le message est clair : plutôt que de maintenir les sanctions et trouver des alternatives au pétrole russe, Washington préfère lever les sanctions et sécuriser les routes maritimes. La politique énergétique l’emporte sur la politique étrangère.

« En les désanctionnant, le Trésor peut créer de l’offre. » En une phrase, Scott Bessent vient de transformer les sanctions contre la Russie en variable d’ajustement du marché pétrolier. Ce ne sont plus des sanctions. Ce sont des vannes. On les ouvre quand le baril est trop cher. On les ferme quand il redescend. L’Ukraine a cru que les sanctions étaient un bouclier. Elles sont une jauge.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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