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CHRONIQUE : Cinq cents soldats rentrent à la maison — et le monde devrait retenir son nom
Crédit: Adobe Stock

L’enfer documenté, chiffre après chiffre

On pourrait parler de « conditions difficiles de détention ». C’est le langage diplomatique, le langage qui permet aux communiqués de presse de dormir la nuit. Mais voici ce que les enquêteurs de l’OSCE, des Nations Unies et de Human Rights Watch ont documenté méticuleusement, témoignage après témoignage, cicatrice après cicatrice: des soldats ukrainiens enfermés dans des cellules d’isolement de 1 mètre sur 3, sans fenêtre, lumières allumées en permanence, musique assourdissante nuit et jour. Des corps soumis à la famine systématique. Des muscles qui fondent, des os qui saillent, des cerveaux qui vacillent sous la privation sensorielle organisée. Ce n’est pas de la négligence. C’est un programme.

Entre août 2024 et mai 2025, le Mécanisme de surveillance des droits humains des Nations Unies a enregistré des allégations crédibles concernant l’exécution de 106 soldats ukrainiens capturés. Pas morts au combat. Exécutés. Après leur capture. En violation de toutes les conventions internationales signées par la Russie, et que la Russie bafoue avec une désinvolture devenue, il faut le dire, une politique d’État.

Oleksiy, et les autres dont on ne connaît pas le nom

Oleksiy Chorpita, ancien prisonnier libéré lors d’un échange précédent, a décrit comment les geôliers russes lui avaient proposé un arrangement: participer à un échange, retrouver sa liberté — à condition d’enregistrer d’abord une vidéo dans laquelle il parlerait en termes négatifs du gouvernement ukrainien et en termes élogieux des conditions de détention. Une propagande achetée avec la promesse du retour à la maison. Oleksiy a refusé. Il est revenu par d’autres moyens. D’autres n’ont pas eu cette chance.

Et pourtant, parmi les cinq cents revenus les 5 et 6 mars, certains portaient sur eux les traces indélébiles de ces quatre années. Des corps qui témoignent là où les lois du silence imposent le mutisme. Des regards qui ont vu des choses que personne ne devrait voir. Des équipes médicales les attendaient sur place, ambulances prêtes, pour ceux dont l’état exigeait une prise en charge immédiate. L’Ukraine s’était préparée. Parce qu’elle savait ce que la Russie avait fait.

Les chiffres ne mentent pas. Mais ils ne suffisent pas non plus. Derrière le 89,4 %, il y a un visage. Derrière le 63,8 %, il y a des mains qui ont tremblé pendant des mois après. Derrière chaque pourcentage, il y a quelqu’un dont la mère attendait encore un signe de vie.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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