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CHRONIQUE : Dix morts à Kharkiv. Deux d’entre eux ne verront jamais le printemps.
Crédit: Adobe Stock

Quarante kilomètres de la frontière russe

Il faut comprendre ce qu’est Kharkiv pour comprendre ce que signifie vivre là-bas depuis le 24 février 2022. Kharkiv est à 40 kilomètres de la frontière russe. Quarante kilomètres — soit moins qu’une heure de route. Les habitants de Kharkiv entendent les explosions avant que les sirènes sonnent, parce que les missiles arrivent parfois plus vite que le signal d’alerte. Quarante kilomètres, c’est la distance entre Montreal et Longueuil. Imaginez Longueuil rasée par des missiles, Montreal sous alerte permanente, et les habitants qui continuent d’aller travailler parce que partir, c’est abandonner, et rester, c’est survivre.

Kharkiv est la deuxième ville d’Ukraine. 1,4 million d’habitants avant la guerre. Des centaines de milliers ont fui. Mais des centaines de milliers sont restés. Parce que leurs vieux ne peuvent pas partir. Parce que leurs maisons sont là. Parce qu’ils croient que résister est un acte en soi. Ce sont eux qui meurent dans leurs immeubles de cinq étages à 3h du matin quand un missile guidé par satellite décide que leur quartier est la cible du soir.

Depuis 2022, Kharkiv a été frappée des centaines de fois. Des milliers de civils tués ou blessés dans cette seule ville. Chaque frappe fait les manchettes pendant quelques heures. Puis la ville se relève, enterre ses morts, et attend la prochaine. Ce n’est pas du courage. C’est de l’épuisement transformé en résistance.

La nuit du 6 au 7 mars : un assaut planifié

Le président Volodymyr Zelensky a qualifié l’offensive nocturne de «sauvage». Il a posté sur X : La formulation est diplomatique. Les chiffres, eux, ne le sont pas. 29 missiles. 480 drones. Lancés en une seule nuit sur un seul pays.

Ce n’est pas une opération militaire. C’est un blitz de terreur industrialisée. La défense aérienne ukrainienne a travaillé toute la nuit — 453 drones abattus, 19 missiles interceptés. Des pilotes, des opérateurs radar, des équipes de défense sol-air qui ont sauvé des centaines de vies. Et pourtant neuf missiles sont passés. Et pourtant vingt-six drones sont arrivés à destination. Et pourtant dix personnes sont mortes à Kharkiv.

Les cibles de cette nuit-là : les installations énergétiques à Kyiv et dans les régions centrales. L’infrastructure ferroviaire — les trains qui acheminent l’aide, les médicaments, les soldats. Odessa au sud, où d’immenses incendies ont éclaté. Et Kharkiv à l’est, où un missile a trouvé un immeuble d’appartements et y a tué dix personnes dans leur sommeil.

480 drones et 29 missiles. Ce sont des chiffres d’usine, pas de guerre. La Russie a industrialisé la terreur. Elle produit ses drones en série, elle les lance en série, et quelque part dans cette série — un immeuble, dix morts, deux enfants.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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