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CHRONIQUE : Ils reviennent de l’enfer — 500 soldats ukrainiens arrachés à la captivité russe
Crédit: Adobe Stock

Du fantassin de 26 ans au vétéran de 60 — une armée entière résumée

On imagine les prisonniers de guerre comme un groupe homogène. Une masse. Des uniformes sans visages. Les 300 rentrés le 6 mars brisent cette illusion. Le plus jeune avait 26 ans. Le plus âgé, 60. Entre eux, toute la réalité d’une Ukraine en guerre depuis plus de quatre ans : des soldats des Forces terrestres, des parachutistes, des marins, des aviateurs, des gardes nationaux, des garde-frontières, et même des membres des Forces de systèmes sans pilote — ces unités de drones qui ont redéfini le champ de bataille moderne.

Ils venaient de tous les fronts où l’Ukraine saigne. Donetsk. Lougansk. Kharkiv. Zaporijjia. Kherson. Marioupol. La liste des villes est aussi la liste des batailles les plus sanglantes de cette guerre. Certains avaient été capturés en 2022, dans les premiers jours du chaos, quand les positions s’effondraient avant même qu’on puisse les organiser. D’autres, pris en 2024 ou 2025, dans la lente guerre d’usure qui grignote le Donbass mètre par mètre.

La majorité était en captivité depuis plus d’un an. Certains depuis trois ans. L’ombudsman ukrainien Dmytro Lubinets a noté un détail qui dit tout sur la réalité de ces échanges : parmi les 300 libérés, il y avait six soldats différents portant trois noms de famille identiques. La guerre est si longue, si totale, qu’elle finit par tout mélanger — les hommes, les histoires, les identités.

Chaque échange ressemble à un tri. On sort des noms d’une liste, on coche des cases, on négocie des équivalences. Derrière chaque case cochée, il y a une femme qui a cessé de dormir depuis vingt mois. Un père qui ne parle plus à table. Un enfant qui dessine son parent absent sur des feuilles de cahier.

État à l’arrivée : les corps comme témoins silencieux

Dmytro Lubinets ne mâche pas ses mots : «Beaucoup des soldats libérés sont dans un état psychologique difficile», avec certains présentant une malnutrition critique. Ce n’est pas une surprise. Ce n’est jamais une surprise. Et pourtant, ça choque à chaque fois.

Parce qu’on connaît les chiffres maintenant. Plus de 95 % des prisonniers ukrainiens libérés ont témoigné de violations systématiques des conditions de détention. L’ONU l’a documenté. Human Rights Watch l’a documenté. L’OSCE l’a documenté. 337 prisonniers ukrainiens ont été délibérément exécutés en dehors de tout combat. Pas tués dans les échanges de tir — exécutés. Et au moins 169 sont morts en détention, faute de soins, de nourriture, ou sous les coups.

Artur Reutov avait 25 ans quand il a été capturé en mai 2022. Il en avait 28 quand il a été libéré en mai 2025 — trois ans plus tard. Son poids était passé de 120 kg à 40 kg. Pas une erreur de frappe. Quatre-vingt kilogrammes d’un homme arraché par les chocs électriques, l’isolement de dix-huit mois en cellule, et la tuberculose contractée dans ces conditions. Il est revenu. Il est vivant. Ce n’est pas rien. Et pourtant, 40 kg.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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