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CHRONIQUE : La Crimée brûle encore — L’Ukraine frappe l’arsenal balistique russe au cœur de la péninsule occupée
Crédit: Adobe Stock

Le 9M723 : l’arme que l’OTAN redoutait bien avant 2022

Il faut parler de l’Iskander pour comprendre pourquoi cette frappe du 7 mars compte. Pas en termes abstraits de « capacité balistique » ou de « vecteur de frappe en profondeur » — la langue du technocrate militaire qui noie la réalité dans le jargon. En termes concrets. En termes de ce que cet engin fait aux corps humains, aux hôpitaux, aux blocs d’appartements.

Le missile 9M723, variante balistique de l’Iskander-M, est contrôlé tout au long de sa trajectoire. Il utilise des surfaces de contrôle aérodynamiques et gazodynamiques, des petits empennages pour réduire sa signature radar, et dans certaines versions, des leurres intégrés pour saturer les systèmes de défense antimissile. Sa vitesse dans la phase terminale — Mach 6 à 7 — lui confère un avantage cinématique brutal contre les intercepteurs existants. Et depuis 2024, les mises à jour logicielles russes ont rendu son comportement encore plus imprévisible.

La Russie a produit environ 50 missiles 9M723 par mois en décembre 2025, contre seulement 36 missiles lors des onze premiers mois de la guerre à plein régime en 2022. Cette multiplication par plus de dix de la cadence de production n’est pas le fruit du génie industriel russe seul. Elle est rendue possible, en partie substantielle, par les importations chinoises : le perchlorate d’ammonium — composant essentiel du propergol solide des fusées — dont la Chine fournit 70% des importations russes en 2024. Les outils-machines. Les microprocesseurs. Le commerce bilatéral russo-chinois a atteint 250 milliards de dollars en 2024. La guerre de la Russie contre l’Ukraine est en partie fabriquée à Pékin.

492 lancements en 2025 : la géographie de la terreur

En 2025, les forces russes ont effectué environ 492 lancements de missiles balistiques sur l’Ukraine. Chiffre à poser dans l’espace, à laisser résonner. 492. C’est plus d’un missile balistique par jour. Ce sont 492 instants où quelqu’un quelque part entend un son qu’il ne reconnaît pas — parce que l’Iskander ne siffle pas comme dans les films, il arrive avant son propre son — et puis plus rien, ou tout.

Ces missiles sont partis de quelque part. De Crimée. De Biélorussie. Des régions frontalières russes. Les brigades de missiles russes — dont la 12e Brigade, visée le 7 mars — sont les unités qui tiennent ces lanceurs, qui calculent les trajectoires, qui appuient sur les boutons. Pas des abstractions. Des personnes avec des grades, des noms, des responsabilités légales au regard du droit international humanitaire, qui ont choisi de viser des immeubles résidentiels, des hôpitaux, des marchés.

Et pourtant, dans les discussions de paix qui s’accumulent depuis des mois dans les chancelleries occidentales — Washington, Paris, Berlin, Budapest — personne ne pose la question simple : qu’arrive-t-il à ces brigades de missiles si un cessez-le-feu est signé sans démilitarisation ? Elles restent. En Crimée. Avec leurs Iskanders. Pointées sur Odessa.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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