La ville la plus dangereuse d’Ukraine
Kherson a été libérée en novembre 2022. Les Russes se sont repliés de l’autre côté du Dniepr. Depuis, ils bombardent Kherson chaque jour avec des roquettes, des drones, de l’artillerie. Et maintenant, avec des mines invisibles larguées dans les parcs et les champs. Kherson est décrite comme « l’une des villes les plus dangereuses d’Ukraine ». Un titre qu’aucune ville ne devrait porter trois ans après sa libération. Les attaques de drones ont représenté 70 % des pertes civiles en janvier 2025. Soixante-dix pour cent. Les mines s’ajoutent à ce bilan. Elles ne le remplacent pas.
Les habitants vivent dans un piège géant. Ils ne peuvent pas laisser leurs enfants jouer dehors. Chaque pas dans l’herbe est un calcul. Les démineurs ukrainiens travaillent sans relâche, mais les mines sont minuscules, en plastique, sans métal, camouflées. Pour chaque mine trouvée, combien restent cachées? L’objectif est la terreur de l’inconnu. Le quartier d’Antonivka, sur la rive ouest du Dniepr, a vu sa population passer de 4 570 à 2 300 habitants entre mai et décembre 2024. En novembre et décembre seuls, 1 700 personnes ont fui. Pas à cause d’une offensive. À cause de drones et de mines. La terreur fonctionne.
Imaginez ne pas pouvoir marcher dans votre propre jardin. Vivre dans la peur constante qu’un pas — un seul pas — vous arrache le pied. C’est la réalité de Kherson en mars 2026. Libérée. Mais pas libre.
Les enfants en première ligne
Sept kilogrammes. Un adulte pèse en moyenne 70 kilogrammes. Un enfant de deux ans en pèse sept. Le seuil exact d’activation. Les mines papillon PFM-1 avaient déjà été décrites par France 24 comme ressemblant « à un jouet » aux yeux des enfants. Les 46 enfants évacués de la région de Kherson le 9 mars 2026 ne sont pas un hasard. En novembre 2025, deux ambulances ont été endommagées dans le district de Dnipro par des mines PFM-1 — roues arrachées. Même les secours ne sont plus en sécurité. Olena Seminikhina, 45 ans, a marché sur une mine PFM le 13 novembre. Sa jambe a été amputée. Quinze jours plus tôt, Serhii Dolhov, 50 ans, avait eu le pied gauche presque entièrement sectionné par une mine près de son appartement. Des fragments de plastique avaient transpercé sa jambe droite.
Le camouflage qui rend la mort invisible
Indétectables par toutes les technologies connues
Le tissu camouflage absorbe la lumière solaire. Dans l’herbe de Kherson, ces mines deviennent littéralement invisibles. Les résidents les décrivent comme vertes ou brunes, impossibles à distinguer parmi les feuilles mortes. Un détecteur de métaux ne peut pas les repérer — il n’y a aucun métal à détecter. Les systèmes de détection thermique échouent — le plastique prend la température ambiante en minutes. Les seules méthodes restantes sont manuelles : des démineurs à genoux, sondant centimètre par centimètre. Et pourtant, malgré le danger, malgré les bombardements constants, des hommes et des femmes continuent de s’agenouiller dans l’herbe de Kherson pour sauver des vies.
La Russie a créé la mine parfaite. Invisible. Indétectable. Bon marché. Il a fallu des décennies de traités internationaux pour limiter l’usage des mines. La Russie les a rendus caduques avec une imprimante 3D.
Aucun mécanisme d’autodestruction
Les mines conventionnelles modernes doivent avoir un mécanisme d’autodestruction. Le Protocole II de la Convention sur certaines armes classiques l’exige. Les mines 3D russes n’en ont aucun. Aucune batterie qui se décharge. Aucune date d’expiration. Elles resteront actives pendant des décennies. Quand la guerre finira, les mines Pryanik seront toujours là. Le Cambodge, trente ans après sa guerre, perd encore des civils chaque semaine. Kherson connaîtra le même destin.
La Convention d'Ottawa piétinée par l'impression 3D
Un traité que la Russie n’a jamais signé
La Convention d’Ottawa de 1997 interdit les mines antipersonnel. Plus de 164 pays l’ont ratifiée — dont l’Ukraine. La Russie jamais. Et pourtant, même en dehors de ce cadre, le droit international humanitaire interdit les armes qui causent des souffrances inutiles et ne font pas la distinction entre combattants et civils. Le Protocole II — que la Russie a signé — interdit de diriger des mines « contre la population civile ». Les mines Pryanik violent chacune de ces règles. En juin 2025, Human Rights Watch avait déjà documenté le largage de mines par drone comme une menace directe aux protections humanitaires, qualifiant cette méthode de « barbare » et contraire aux principes du désarmement humanitaire.
Le droit international a été écrit pour un monde où les armes coûtent cher. L’imprimante 3D a changé les règles. N’importe quel atelier peut produire des mines indétectables pour le prix d’un repas. Aucun traité n’avait prévu ça.
L’impunité qui encourage la terreur
Combien de mines 3D faut-il pour une résolution du Conseil de sécurité? La Russie mine Kherson avec des armes indétectables, et la communauté internationale exprime sa « préoccupation ». Le mot le plus vide du vocabulaire diplomatique. En juin 2025, le président Zelensky a annoncé le retrait de l’Ukraine de la Convention d’Ottawa. La Pologne a suivi. L’érosion du traité est en marche. La Russie n’a pas seulement violé le droit international. Elle l’a rendu caduc pour les autres aussi. Chaque mine Pryanik larguée sur Kherson est un clou dans le cercueil du système de contrôle des armements construit après 1945.
Le déminage impossible face aux mines fantômes
Des héros anonymes dans un champ de mort
Les équipes de déminage ukrainiennes avancent dans des terrains minés, dans une ville bombardée quotidiennement. Mais les mines Pryanik résistent à toute détection connue. Un résident d’Antonivka a rapporté à Human Rights Watch que les démineurs avaient cessé de répondre dans certaines zones — les drones russes ciblent les équipes de déminage. Le piège est double : la mine au sol, le drone dans le ciel. Human Rights Watch a analysé plus de 80 photos et vidéos de témoins et de réseaux sociaux, documentant cette double terreur. Des vidéos montrent des drones survolant le quartier d’Antonivka et larguant de petites munitions sur des zones résidentielles.
Les démineurs de Kherson ne font pas la une. Ils avancent dans l’herbe, centimètre par centimètre, sachant que chaque pas pourrait être le dernier. C’est le courage le plus silencieux de cette guerre.
Un pays qui mettra un siècle à cicatriser
L’Ukraine est le pays le plus miné du monde. Environ 137 000 kilomètres carrés contaminés — un tiers du pays. 5,4 millions de personnes nécessitent une assistance au déminage. Dans la région de Kherson, la contamination devrait réduire le PIB régional de 10 à 15 %, aggravant la crise depuis la destruction du barrage de Nova Kakhovka en juin 2023. Avec les mines plastiques sans autodestruction, certaines zones ne seront jamais complètement décontaminées. L’Association ukrainienne de déminage a préparé 438 rapports couvrant 280 millions de mètres carrés en 2025, identifiant 119 sites contaminés. Environ 160 000 personnes formées aux règles de sécurité. Et pourtant, ces 280 millions ne sont qu’une fraction des 137 000 kilomètres carrés contaminés. Le gouffre entre l’effort et la tâche est vertigineux.
L'agriculture ukrainienne prise en otage
Des champs fertiles devenus champs de mort
Oleksandr Hordiienko était un fermier de la région de Kherson. Tué par une mine dans ses propres champs. Honoré à titre posthume du titre de Héros de l’Ukraine. Son histoire est devenue banale dans une région où les terres les plus fertiles d’Europe sont des champs de mort. Un fermier qui marche dans son champ ne devrait pas avoir besoin d’être un héros. La Russie a transformé le geste le plus ancien de l’humanité — cultiver la terre — en acte de bravoure.
Oleksandr Hordiienko a semé du blé. La terre lui a rendu une mine. Héros de l’Ukraine à titre posthume. Le titre le plus triste qu’un fermier puisse recevoir.
Le grenier de l’Europe empoisonné
L’Ukraine est le « grenier de l’Europe ». Ses terres noires — le tchernozem — sont parmi les plus fertiles du monde. Chaque mine 3D larguée dans ces champs est un attentat contre la sécurité alimentaire mondiale. La destruction du barrage de Nova Kakhovka avait dispersé des mines sur des dizaines de milliers d’hectares. Les assureurs ne couvrent plus les exploitations agricoles en zone contaminée. Les banques ne prêtent plus aux fermiers de Kherson. L’économie locale s’effondre silencieusement, mine après mine. D’un côté, le monde débat de sécurité alimentaire dans des conférences climatisées. De l’autre, la Russie largue des mines dans le grenier de l’Europe.
Les visages de la terreur : témoignages de Kherson
Anastasia, Serhii, Tetiana : les noms derrière les chiffres
Anastasia Pavlenko avait 23 ans quand un drone russe l’a poursuivie alors qu’elle roulait à vélo près du pont d’Antonivka, le 28 septembre 2024. Le drone l’a suivie sur 300 mètres avant de larguer une grenade. Blessures au cou, à la jambe gauche, aux côtes. Un fragment de métal est resté logé en permanence dans son cou. Plusieurs chirurgies ont suivi. La scène a été filmée — et publiée sur une chaîne Telegram de l’armée russe. Comme un trophée. Tetiana Kravchuk, avocate à Antonivka, a décrit sa propre traque : « Il était derrière moi, il me poursuivait. J’ai essayé de me cacher entre les arbres. J’entendais le drone tourner autour de l’arbre, se rapprocher de plus en plus. » Six mois de rééducation ont suivi. Andrii Loukin, 22 ans, mécanicien, a entendu le drone le pourchasser avant qu’il ne largue une grenade sur lui. « Le drone a plané au-dessus de moi pendant plusieurs minutes avant de partir. » Blessures à la main gauche, au thorax, à la jambe droite.
Trois noms. Trois vies fracassées. Et des dizaines de vidéos sur des chaînes Telegram russes, filmées par les drones eux-mêmes, partagées comme des exploits. La cruauté documentée par ses propres auteurs.
Les secouristes qui deviennent des cibles
Le 28 octobre 2024, le Dr Serhiy Kuchirenko, 64 ans, médecin ambulancier, a été tué par un drone alors qu’il répondait à un appel lié à des victimes de drones. Son assistante médicale et son chauffeur ont été blessés dans la même attaque. Un soignant tué en allant secourir des victimes du même type d’arme qui l’a tué. La boucle de la terreur est parfaite. Nastya, 46 ans, ambulancière, a décrit une intervention où elle a trouvé un homme avec les deux jambes partiellement amputées par une mine larguée par drone. Elle n’a pas pu l’évacuer — un drone survolait la zone. Et pourtant, 21 membres du personnel médical ont été blessés entre mai et décembre 2024. Ils continuent de répondre aux appels.
Les drones, nouveaux vecteurs de terreur
La double menace venue du ciel
Les mines Pryanik sont larguées par des drones modifiés — des quadricoptères commerciaux de marques DJI et Autel, fabriqués en Chine, adaptés pour disperser des mines sur des zones civiles. Une photo du 1er mars 2025, publiée sur la chaîne Telegram militaire russe « Habr », montrait « quatre mines antipersonnel fixées sous un quadricoptère commercial ». Une autre image montrait un conteneur contenant plus de 27 mines prêtes au déploiement. Human Rights Watch a documenté cette pratique dans un rapport de juin 2025 intitulé « Hunted From Above », décrivant des dizaines de morts et des centaines de blessés civils par drones à Kherson. L’organisation a analysé 83 vidéos d’attaques par drone provenant de chaînes Telegram militaires russes. Huit cas ont été corroborés avec les vidéos filmées par les opérateurs eux-mêmes, prouvant qu’ils savaient cibler des civils.
Un drone qui largue des mines sur une ville. Pas sur un front militaire. Sur une ville. Où des enfants vont à l’école. Où des ambulanciers meurent en essayant de sauver les victimes du drone précédent.
La Croix-Rouge elle-même visée
Le 9 mars 2026, un véhicule de la Croix-Rouge a été ciblé par un drone dans la région de Kherson. L’emblème qui protège les humanitaires depuis plus d’un siècle n’offre plus aucune protection. Les Conventions de Genève, la Convention d’Ottawa, le Protocole II — la Russie viole systématiquement chaque texte créé pour protéger les civils. Les chaînes Telegram de l’armée russe ont explicitement marqué Antonivka et le quartier Dniprovskyi comme « zones rouges », déclarant que « tout véhicule en mouvement sera considéré comme une cible légitime ». En droit international, de tels avertissements sont illégaux — les civils restent protégés quelle que soit la « zone » déclarée par un belligérant.
La prolifération qui menace le monde entier
L’imprimante 3D devenue arme de guerre
L’impression 3D devait être la prochaine révolution industrielle. Des prothèses pour les amputés. La Russie a trouvé un autre usage : des mines pour créer des amputés. Si un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU peut imprimer des mines en 3D et les larguer par drone sans aucune conséquence, le message est dévastateur. Les fichiers de conception circulent sur Internet. Les imprimantes sont accessibles à tous. Les mines Pryanik sont un prototype pour chaque groupe armé qui cherchera demain à terroriser des populations à moindre coût. Les mêmes ingénieurs qui pourraient imprimer des prothèses impriment des mines. Ce n’est pas un problème technologique. C’est un problème moral.
La technologie est neutre. Les mains qui la programment ne le sont pas. Une imprimante 3D peut fabriquer un bras artificiel ou une mine antipersonnel. La Russie a choisi.
Le précédent que personne ne veut voir
Le Public International Law and Policy Group a averti en 2025 que l’agression russe provoquait une érosion de la Convention d’Ottawa. L’Ukraine s’est retirée. La Pologne aussi. Le système international de contrôle des armements s’effondre bloc par bloc. Le CICR, Amnesty International, Human Rights Watch — tous documentent, tous condamnent. Human Rights Watch a envoyé un résumé de ses conclusions au gouvernement russe en avril 2025. Aucune réponse. Le silence comme réponse. Le mépris comme doctrine. Et face à une imprimante qui produit des mines plus vite que les diplomates ne produisent des résolutions, le combat semble perdu d’avance.
Les victimes oubliées de la guerre silencieuse
Plus de mille incidents et le compteur tourne
Le nombre d’incidents liés aux mines en Ukraine a dépassé le millier. Plus de six millions de personnes vivent dans des zones à risque. Derrière chaque statistique, un visage. Oleksandr Hordiienko, honoré à titre posthume. Olena Seminikhina, amputée. Serhii Dolhov, le pied sectionné. Des ambulancières dont les véhicules ont été immobilisés par des mines. La guerre des mines ne produit pas d’images spectaculaires. Elle produit des mutilations, des prothèses, des rééducations qui durent des années. Assez d’explosif pour arracher un pied. Pas assez pour tuer. Le survivant mobilise des ressources médicales pendant des mois. C’est une arme économique autant que physique.
Derrière chaque chiffre, un visage. Un fermier qui ne pourra plus labourer. Un enfant qui ne pourra plus courir. Les mines ne font pas de bruit dans les statistiques. Mais elles hurlent dans les vies qu’elles détruisent.
Le traumatisme invisible
Les blessures psychologiques sont moins documentées que les blessures physiques. Les habitants de Kherson développent des troubles anxieux chroniques. Des enfants refusent de sortir. Des personnes âgées restent confinées. Valeriy Sukhenko et Anastasia Rusol, un couple d’Antonivka, ont vu leur maison frappée deux fois par des drones le 17 novembre 2024. Le toit s’est effondré, un incendie s’est déclaré. Sukhenko : os exposé à la cuisse, perte auditive au troisième degré. Rusol : commotion cérébrale, blessures profondes par fragmentation, amputation partielle du nez. Leur maison a été détruite lors d’une attaque ultérieure pendant leur hospitalisation. Sukhenko fait des cauchemars. Rusol souffre de désorientation. La police ukrainienne recommande de maintenir une distance de sécurité avec tout objet inconnu et d’appeler le 101 ou le 102. Elle avertit aussi de ne pas utiliser de téléphone portable à proximité — le système électrique des mines Pryanik les rend sensibles aux ondes. L’ironie est cruelle : pour signaler une mine, il faut un téléphone. Mais un téléphone près d’une mine pourrait la faire exploser.
Ce que cette guerre dit de nous tous
Le monde regarde et détourne les yeux
La communauté internationale ne manque pas de mots. Elle manque de volonté. Les rapports s’empilent. Human Rights Watch, Amnesty International, le CICR, les Nations unies. Tous documentent, tous condamnent. Human Rights Watch a documenté au moins 45 frappes de drones ciblant délibérément des civils ou des objets civils à Antonivka et Dniprovskyi. L’organisation a conclu que ces attaques constituaient des violations graves des lois de la guerre pouvant être qualifiées de crimes de guerre — et que le schéma systématique suggérait des crimes contre l’humanité. Mais la Russie siège au Conseil de sécurité avec un droit de veto. Le système créé après la Seconde Guerre mondiale pour « préserver les générations futures du fléau de la guerre » est incapable de protéger les enfants de Kherson contre des bonbons explosifs en plastique. L’échec est total. Structurel. Moral.
Nous vivons dans un monde où un pays peut imprimer des mines en 3D, les larguer par drone sur des jardins, filmer les victimes depuis le ciel, publier les vidéos comme des trophées, et siéger le lendemain au Conseil de sécurité comme gardien de la paix. Si cette phrase ne vous révolte pas, relisez-la.
La mémoire comme dernière arme
Les guerres finissent. Les mines restent. Au Laos, des bombes à sous-munitions des années 1960 tuent encore en 2026. Au Cambodge, des mines des Khmers rouges mutilent quarante ans plus tard. La terre de Kherson se souviendra des mines Pryanik longtemps après que Vladimir Poutine sera devenu poussière. La seule arme qui reste aux victimes est la mémoire. Documenter chaque mine. Nommer chaque victime. Chaque mine Pryanik récupérée est une pièce à conviction. Chaque rapport est un acte d’accusation. Et les mines elles-mêmes sont les preuves. Elles n’ont pas de mécanisme d’autodestruction, après tout. Et pourtant, c’est peut-être là, dans cette ironie terrible, que réside le seul espoir de justice : les armes conçues pour durer éternellement sont aussi les preuves qui dureront éternellement.
Et c’est peut-être ça, la vérité la plus insupportable de cette guerre. Ces petits objets en plastique, cachés dans l’herbe, qui attendront patiemment, longtemps après que le monde aura oublié l’Ukraine. Pour arracher le pied d’un enfant qui n’est pas encore né.
Signé Maxime Marquette
Sources
Sources primaires
Militarnyi — Russians Drop 3D-Printed Anti-Personnel Mines on Kherson, mars 2026
Sources secondaires
TVP World — Russians ‘drop 3D-printed mines’ to maim Kherson civilians, 4 mars 2026
Mezha — Russian Forces Deploy Camouflaged 3D-Printed Mines in Kherson, mars 2026
Amnesty International — Public Statement on Anti-Personnel Mines in Ukraine, juillet 2024
Ukrainian Deminers Association — Results of the UDA activities in 2025
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