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CHRONIQUE : Les Émirats dans la ligne de mire — quand les gratte-ciel brûlent et que Téhéran se contredit
Crédit: Adobe Stock

Le président s’excuse. Le judiciaire menace.

Voici ce que Masoud Pezeshkian, président iranien, a déclaré publiquement : il s’excuse. Il présente ses regrets aux nations du Golfe pour les attaques qui les frappent. Il parle de désolation. De la nécessité de préserver les relations de voisinage. Il utilise le langage de la diplomatie, de la retenue, de la responsabilité.

Voici ce que Gholamhossein Mohseni Ejei, chef du pouvoir judiciaire iranien, a déclaré dans les heures qui ont suivi : les attaques lourdes sur ces cibles continueront. Les régions qui se mettent «à la disposition de l’ennemi» doivent s’attendre à des frappes répétées et intenses. Pas d’excuses. Une promesse de destruction.

Et pourtant, les deux hommes représentent le même État. Le même drapeau. Le même régime qui prétend parler d’une seule voix. Ce que ce spectacle révèle, c’est l’état réel du pouvoir iranien : fragmenté, contradictoire, traversé par des factions qui ont des intérêts divergents et des calendriers incompatibles. L’ayatollah Khamenei est mort — ou mourant, selon les rapports. L’Assemblée des experts se réunit dans les vingt-quatre heures pour désigner un nouveau guide suprême. Dans ce vide du pouvoir, chacun parle pour lui-même. Chacun positionne sa loyauté. Et c’est le Golfe qui paie le prix de cette guerre intestine.

Quand un État envoie des missiles sur des hôtels de luxe et des aéroports internationaux en s’excusant en même temps, il ne fait pas de la diplomatie. Il fait de la politique intérieure. Les excuses du président Pezeshkian ne s’adressent pas aux Émirats — elles s’adressent aux factions modérées du régime qui voient l’escalade comme un suicide collectif. Les menaces du chef judiciaire ne s’adressent pas aux Américains — elles s’adressent aux Gardiens de la Révolution qui veulent montrer qu’ils ne plient pas.

Abbas Araghchi et les conditions impossibles

Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a précisé les conditions pour une désescalade. Il en a posé. Il a dessiné des lignes. Ce qu’il n’a pas dit, c’est qui, dans ce régime fracturé, a le pouvoir réel de les respecter. Le ministre des Affaires étrangères négocie. Les Gardiens de la Révolution tirent. Ce ne sont pas les mêmes personnes. Ce ne sont pas les mêmes chaînes de commandement.

Pendant ce temps, Israël a lancé une nouvelle vague de frappes sur Téhéran et Ispahan. Les installations nucléaires iraniennes sont touchées. Les infrastructures militaires brûlent. L’Iran riposte sur le Golfe parce que c’est là que se trouvent les actifs américains. Et le cycle tourne, sans frein, sans arbitre, sans fin visible.

Il est facile de regarder cette schizophrénie iranienne comme un signe de faiblesse. Ce serait une erreur. Un régime qui se contredit publiquement est un régime en transition — et les transitions sont les moments les plus dangereux. Pas parce que l’ennemi est fort. Parce qu’il est imprévisible. Personne, pas même à Téhéran, ne sait qui commandera demain.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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