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CHRONIQUE : Sept morts à Kharkiv, dont deux enfants — la Russie vise les immeubles, le monde regarde
Crédit: Adobe Stock

La ville la plus bombardée d’Europe

Kharkiv n’est pas une ville comme les autres dans cette guerre. C’est la deuxième plus grande ville d’Ukraine, à peine quarante kilomètres de la frontière russe. Elle a failli tomber au tout début de l’invasion de février 2022. Elle a tenu. Et depuis, elle paie ce prix : être assez proche pour être frappée à tout moment, assez grande pour que chaque frappe tue plusieurs personnes. Assez visible pour que le monde regarde, assez ordinaire pour que le monde oublie.

La frappe du 7 mars 2026 n’est pas une anomalie. C’est une routine. En août 2025 déjà, une attaque de drone dans le quartier Industrialnyi avait tué sept personnes, dont des enfants, et blessé vingt-trois autres. Les noms changent. Les chiffres se ressemblent. Les immeubles continuent de s’effondrer. Selon les données de Human Rights Watch, entre décembre 2024 et novembre 2025, au moins cinq cent quatorze civils ukrainiens ont été tués dans des attaques à courte portée — le plus grand nombre de victimes concentré dans la région de Kherson et dans des villes comme Kharkiv.

Le quartier de Kyivskyi, où s’est produite la frappe, est un quartier résidentiel. Des immeubles soviétiques en béton, conçus pour loger des familles ouvrières dans les années soixante et soixante-dix. Pas des bunkers. Pas des casernes. Des appartements avec des rideaux aux fenêtres et des vélos d’enfants dans les cages d’escalier. Ou ce qu’il en reste.

Le missile qui n’existe pas dans le discours officiel russe

L’Izdeliye-30 est un missile de croisière russe de nouvelle génération. Les experts en armement qui l’ont analysé estiment sa portée à plus de mille cinq cents kilomètres. Il vole bas, il est difficile à intercepter, et il est conçu pour pénétrer les défenses aériennes modernes. Ce soir du 7 mars, il a pénétré un immeuble de cinq étages à Kharkiv.

Moscou n’a pas commenté l’utilisation de ce missile spécifique. Moscou ne commente jamais les morts civils ukrainiens. Moscou commente uniquement ses succès militaires et les drones ukrainiens abattus. Ce soir-là, la Russie a revendiqué l’interception de cent vingt-quatre drones ukrainiens. Pas un mot sur l’institutrice. Pas un mot sur son fils en deuxième année. Pas un mot sur la fille de treize ans.

Quand une puissance militaire tire un missile de croisière de nouvelle génération sur un quartier résidentiel en pleine nuit et appelle ça une opération contre des «objectifs militaires» — ce n’est plus de la propagande. C’est de l’inversion pure. Le chasseur devient la victime. Le bourreau devient le défenseur. Et le monde, épuisé, commence à ne plus savoir quoi croire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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