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CHRONIQUE : Un cheminot de 62 ans meurt cinq jours après une frappe russe sur une gare d’Odessa
Crédit: Adobe Stock

Plus qu’un moyen de transport, une artère vitale

Pour comprendre pourquoi la Russie s’acharne sur les rails ukrainiens, il faut comprendre ce que représente le réseau ferroviaire pour l’Ukraine. Ce n’est pas un simple moyen de transport. C’est la colonne vertébrale du pays. C’est par les trains que les civils évacuent les zones de combat. C’est par les rails que l’aide humanitaire atteint les régions assiégées. C’est par le réseau ferroviaire que l’Ukraine exporte ses céréales, maintient son économie, connecte ses villes. Dans un pays où les routes sont minées, où l’espace aérien est une zone de mort, le train reste le dernier cordon ombilical entre les Ukrainiens et le monde extérieur.

Ukrzaliznytsia, la compagnie ferroviaire nationale ukrainienne, emploie des dizaines de milliers de personnes. Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle en février 2022, 947 employés de la compagnie ont été tués. Sept cent cinquante-trois d’entre eux sont morts au combat en servant dans les Forces armées ukrainiennes. Trente-sept ont été tués par des bombardements ennemis directement sur leur lieu de travail. Le cheminot d’Odessa, 62 ans, vient s’ajouter à cette liste qui ne cesse de s’allonger. Cent cinquante-sept autres sont morts dans d’autres circonstances liées au conflit. Derrière chaque chiffre, un uniforme de travail. Derrière chaque statistique, quelqu’un qui avait des collègues, une routine, un casier dans un vestiaire quelque part.

On parle beaucoup des soldats. On parle des pilotes, des commandants, des héros du front. Mais les cheminots ukrainiens mènent une guerre parallèle dont personne ne parle. Ils réparent les rails sous les bombardements. Ils conduisent les trains dans des corridors où les drones rodent. Ils arrivent au travail chaque matin en sachant que leur gare pourrait être la prochaine cible. Et quand l’un d’eux meurt, son nom ne fait même pas les manchettes.

Le train, dernier refuge des civils en fuite

Le 28 janvier 2026, des drones russes ont frappé un train de passagers dans la région de Kharkiv, tuant cinq personnes et incendiant trois wagons. Le président Zelensky a qualifié l’attaque de terrorisme. Le 2 mars, un drone a frappé un véhicule de transport de passagers dans l’oblast de Dnipropetrovsk, tuant une personne et en blessant dix. Le 4 mars, la gare d’Odessa. Le 8 mars, un drone ennemi a touché la locomotive d’un train de passagers Kyiv-Soumy. Ces attaques ne sont pas aléatoires. Elles suivent un patron stratégique visant à couper des corridors entiers et à isoler des régions comme Donetsk, Soumy et Tchernihiv.

En 2025, la Russie a mené 1 195 attaques contre les infrastructures ferroviaires ukrainiennes, plus que les deux années précédentes combinées. Cette escalade inclut la destruction ciblée de dizaines de sous-stations électriques qui alimentent le réseau. Chaque sous-station détruite signifie des trains immobilisés. Chaque train immobilisé signifie des civils bloqués dans des zones de danger. Chaque civil bloqué est un otage involontaire de la stratégie russe. La logique est implacable et elle est délibérée.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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