Quinze groupes, un seul objectif
Chimera. Siberian Battalion. Gardiens des Ténèbres. Art Division. Ces noms ressemblent à des escouades de jeu vidéo. Ils sont réels. Ils font partie de l’unité spéciale Tymur, une structure opérationnelle placée sous le commandement de la Direction du renseignement de la Défense ukrainienne — la HUR. Quinze groupes au total. Des volontaires russes anti-Poutine du Corps des volontaires russes côtoient des combattants bélarussiens du Corps des volontaires bélarussiens. Fratstvo (Bratstvo). Aratta. Stugna. Première Ligne. 1514. Paragon. Groupe Raven. Chaque nom est une histoire d’hommes qui ont choisi de se battre contre le régime qui les a produits. Certains sont russes. Certains ont porté l’uniforme de l’armée que leurs camarades combattent aujourd’hui. C’est le paradoxe de cette guerre : les meilleurs défenseurs d’une ville ukrainienne comprennent des citoyens russes qui refusent d’accepter ce que fait leur pays.
Pendant trois mois — de décembre 2025 à mars 2026 — ces quinze groupes ont mené une opération défensive d’une précision remarquable. Pas des charges héroïques. Pas des assauts suicidaires. Une guerre de dégradation. Frappe les routes. Coupe les convois. Détruis les dépôts avant qu’ils ne deviennent des arsenaux. Prive l’ennemi de munitions, de carburant, de nourriture — et il n’attaquera plus. Ce n’est pas de la lâcheté militaire. C’est de la chirurgie. Et la chirurgie a fonctionné. Plus de trois cents soldats russes tués ou blessés. Trente-neuf capturés. Des pertes que Moscou ne publiera jamais.
Je pense à ces hommes — les Russes qui combattent pour l’Ukraine, les Bélarussiens en exil, les volontaires sans drapeau mais avec une conviction. Ils n’ont pas de statue. Ils n’auront probablement jamais de parade. Mais ce sont eux qui ont maintenu Zaporizhzhia hors de portée. L’histoire doit au moins savoir leurs noms.
Starlink coupé, logistique brisée : la double peine russe
Il y a un détail dans le rapport du renseignement ukrainien qui mériterait un article entier. Parmi les facteurs qui ont contribué à stopper l’offensive russe, la HUR cite explicitement la restriction de l’accès des unités russes aux réseaux Starlink. Ce n’est pas anodin. Depuis des mois, on sait que les troupes russes utilisaient Starlink pour coordonner leurs opérations — malgré les dénégations initiales de SpaceX, malgré les promesses de restrictions géographiques. Ces terminaux circulent sur les marchés noirs de la région. Ils arrivent par des filières parallèles. Ils permettent une communication militaire que les systèmes russes officiels ne peuvent pas toujours garantir. Et pourtant, dans le secteur de Zaporizhzhia, cet accès a été dégradé. Comment ? Le rapport ne le précise pas. La discrétion est elle-même une réponse : les méthodes qui fonctionnent restent secrètes.
Le résultat est concret : des unités d’assaut russes qui ne peuvent plus se coordonner efficacement. Des groupes qui ne savent pas où se trouvent leurs voisins. Des offensives qui s’effondrent avant même d’atteindre les lignes ukrainiennes parce que la communication est rompue, parce que les renforts ne viennent plus, parce que les ordres se perdent dans le brouillard électronique. Ajoutez à cela les routes logistiques détruites par les frappes de drones. Sans munitions, sans carburant, sans instructions claires : c’est une armée qui tourne en rond. Et une armée qui tourne en rond abandonne ses assauts. C’est exactement ce qui s’est passé.
CE QUE LES CHIFFRES NE DISENT PAS
300 morts. 39 prisonniers. Et le reste.
300 soldats russes tués ou blessés. 39 capturés. Ce sont les chiffres officiels de la HUR pour l’opération Tymur sur trois mois dans le secteur de Zaporizhzhia. Les chiffres sont corrects ? Peut-être. Probablement pas entiers. Dans cette guerre, chaque camp sous-estime ses propres pertes et surévalue celles de l’ennemi. C’est une loi du conflit armé, aussi constante que la gravité. Mais même si on divisait ce bilan par deux, ce serait 150 hommes. 150 familles qui vont recevoir un avis de décès — ou rien. Parce qu’en Russie, on n’annonce pas toujours les pertes. On réembauche le vide. On encaisse les allocations funèbres en silence.
Dmitri avait vingt-trois ans. Il venait d’une oblast lointaine, d’une ville que la plupart des Russes seraient incapables de situer sur une carte. Il avait signé un contrat parce que la prime de signature représentait six mois de salaire de son père. Il est mort dans la steppe ukrainienne, à quelques kilomètres d’une ville qu’il n’avait jamais vue, pour un objectif que personne ne lui avait vraiment expliqué. Sa famille a reçu la paperasse. Sa mère a pleuré. Le Kremlin a compté une unité de moins dans sa colonne de pertes. Et personne, à Moscou, n’a changé quoi que ce soit à la stratégie. C’est peut-être ça, la vraie victoire de Zaporizhzhia : révéler que cette machine-là avale les siens sans jamais changer de cap.
Je n’ai pas de compassion pour l’agression. Mais j’ai une pensée pour les conscrits et les contractuels qui meurent pour des généraux qui ne mourront jamais. La différence entre Poutine et ses soldats, c’est que Poutine dort dans son bunker. Eux dorment dans la terre ukrainienne.
Le vrai prix humain : ce que Zaporizhzhia représente
Sept cent mille habitants avant la guerre. Environ trois cent mille encore sur place. Ce sont des gens qui ont choisi de rester. Ou qui n’ont pas pu partir. Des personnes âgées qui refusent d’abandonner la maison de leur vie. Des soignants qui ne peuvent pas laisser leurs patients. Des familles divisées entre ceux qui ont fui et ceux qui ont tenu. Chaque semaine passée sans que Zaporizhzhia tombe est une semaine supplémentaire de vie normale — ou de vie aussi normale que possible sous les sirènes, les coupures de courant, l’ombre de la centrale nucléaire occupée à trente kilomètres. Olena, soixante-huit ans, infirmière à la retraite, refuse de quitter son appartement du quatrième étage parce que son mari y est mort en 2019 et que « partir, c’est le trahir une deuxième fois ». Elle écoute les alertes. Elle descend à la cave. Elle remonte. Trois mois de plus grâce à des hommes qu’elle ne connaîtra jamais.
La centrale nucléaire de Zaporizhzhia — six réacteurs, la plus puissante d’Europe — est occupée depuis le 4 mars 2022. L’AIEA y maintient une présence permanente. En janvier 2026, Russie et Ukraine ont accepté un cessez-le-feu local pour réparer la dernière ligne électrique de secours restante de la centrale. La dernière. Si elle cède, si les systèmes de refroidissement perdent leur alimentation, le spectre de Tchernobyl redevient une possibilité réelle. C’est le couteau que Moscou tient sur la gorge de l’Europe depuis quatre ans. Et pourtant, pendant ces trois mois d’opération Tymur, la ville à côté de ce couteau est restée debout. Ce n’est pas rien.
LA GUERRE DES DRONES : Comment l'Ukraine a réinventé la défense
Frapper avant qu’ils n’arrivent
La doctrine militaire classique dit qu’on défend une ligne. Qu’on creuse des tranchées, qu’on installe des fortifications, qu’on attend l’ennemi et qu’on l’arrête. L’Ukraine a compris quelque chose que peu d’armées ont intégré aussi vite : la meilleure défense est une offensive logistique. Ne laisse pas l’ennemi arriver jusqu’à ta ligne. Détruis ses convois à cinquante kilomètres de là. Brûle ses dépôts de carburant avant qu’il ne les utilise. Coupe ses routes d’approvisionnement et il ne pourra jamais constituer la masse critique nécessaire à une percée. C’est ce que l’unité Tymur a fait pendant trois mois.
Les drones FPV — premier personne — sont devenus l’arme de précision des pauvres. Deux cents dollars de matériel, une heure d’entraînement, et un opérateur peut détruire un véhicule blindé valant des millions. L’Ukraine en produit maintenant par dizaines de milliers. Zelensky a annoncé en mars 2026 que ses forces déployaient 1 750 drones par semaine sur les différents fronts. Sur le secteur de Zaporizhzhia, ces drones ont frappé les routes nocturnes, les points de rassemblement, les colonnes logistiques qui tentaient d’amener munitions et renforts vers les positions d’assaut. Sans munitions, une armée n’attaque pas. La leçon est simple. Son application a demandé trois mois de travail acharné dans des conditions hivernales, à des hommes dont personne ne prononcera le nom aux informations du soir.
Il y a quelque chose de profondément nouveau dans cette guerre. Elle se gagne aussi dans les nuits glacées, derrière un écran de contrôle de drone, à cinquante kilomètres de la ligne de contact. Elle se gagne par des gens qui ne tirent pas un seul coup de feu mais qui rendent impossible l’avancée de ceux qui auraient pu le faire. Cette invisibilité n’est pas de la lâcheté. C’est de l’intelligence militaire à son état le plus pur.
L’artillerie ukrainienne : précision contre masse
La Russie dispose d’une supériorité quantitative en artillerie sur la quasi-totalité du front. Plus de canons. Plus d’obus. Plus de servants. C’est une réalité que les officiers ukrainiens ne contestent pas. Et pourtant, dans le secteur de Zaporizhzhia pendant ces trois mois, l’artillerie ukrainienne a compensé la quantité par la qualité. Ciblage par drones de reconnaissance. Coordonnées transmises en temps réel. Obus guidés là où les systèmes de renseignement ukrainiens avaient identifié des nœuds logistiques critiques. Un dépôt de munitions détruit vaut dix chars neutralisés. Un pont soufflé vaut une compagnie clouée au sol. La HUR a appris à penser en termes de systèmes, pas de positions individuelles. Et pensé ainsi, le rapport de force change radicalement.
Le résultat net : les troupes russes assignées à l’offensive de Zaporizhzhia ont commencé à refuser les assauts. Ce n’est pas de la désertion à proprement parler. C’est une forme de résistance passive des soldats qui calculent, à juste titre, que monter à l’assaut sans soutien logistique et sans communication fiable, c’est mourir pour rien. Les rapports de la HUR le confirment : la dégradation de la logistique russe a forcé les occupants à « abandonner les opérations d’assaut » dans ce secteur. Trois mois de pression systématique ont produit exactement cet effet : une armée qui ne peut plus attaquer.
LE SUD QUI BASCULE : Plus qu'une victoire défensive
400 kilomètres carrés libérés en un mois
La victoire de Zaporizhzhia ne se lit pas seule. Elle s’inscrit dans un mouvement plus large que peu de commentateurs ont relié correctement. Depuis la fin janvier 2026, les forces ukrainiennes ont mené une contre-offensive dans le sud qui a permis de libérer entre 400 et 460 kilomètres carrés de territoire occupé. Huit à neuf localités reprises. Le commandant en chef Oleksandr Syrskyi a présenté ces chiffres le 23 février. Zelensky a confirmé 460 kilomètres carrés fin février. L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) — plus conservateur dans ses estimations — valide au moins 168 kilomètres carrés, ce qui reste la plus grande reprise territoriale ukrainienne depuis longtemps.
La zone libérée se situe à l’intersection de trois oblasts : Zaporizhzhia, Donetsk, Dnipropetrovsk. C’est la direction d’Oleksandrivka. Ce n’est pas une coincidence géographique. C’est le pivot stratégique du sud ukrainien. Tenir cette zone, c’est maintenir la cohérence défensive du front méridional. La perdre aurait permis une encerclement progressif de Zaporizhzhia par le flanc est. L’opération Tymur et la contre-offensive méridionale se sont mutuellement renforcées : pendant que l’unité spéciale fixait et dégradait les forces russes face à Zaporizhzhia, les unités aéroportées et blindées ukrainiennes avançaient à l’est. Les Russes ne pouvaient pas faire face aux deux directions simultanément. Ils ont perdu sur les deux.
Ce qu’on observe au sud de l’Ukraine depuis le début de 2026, c’est quelque chose d’inhabituel dans cette guerre : une initiative ukrainienne qui fonctionne. Pas une percée décisive. Pas la fin du conflit. Mais une démonstration que l’armée ukrainienne a appris, s’est adaptée, et peut imposer ses conditions sur certains secteurs. C’est trop tôt pour appeler ça un tournant. C’est trop réel pour ignorer.
Ce que les Russes n’admettront jamais
Le ministère russe de la Défense n’a pas commenté l’opération Tymur. Il ne le fera pas. Le Kremlin ne reconnaît pas ses défaites — ni ses morts, ni ses retraites, ni ses objectifs manqués. La rhétorique officielle parlera de « regroupements tactiques », de « corrections de lignes de contact », de « planification stratégique à long terme ». C’est du théâtre. Et pourtant, derrière ce rideau de mots, des généraux russes rédigent des rapports sincères à leurs supérieurs. Des rapports qui expliquent pourquoi l’objectif Zaporizhzhia est hors de portée pour l’instant. Pourquoi la logistique s’est effondrée. Pourquoi les troupes ont refusé de monter à l’assaut. Ces rapports existent. On ne les lira jamais. Mais leurs conséquences, elles, sont réelles.
La prise de Zaporizhzhia aurait changé la guerre. Elle aurait offert à Poutine un levier de négociation massif — une ville de sept cent mille habitants, la centrale nucléaire la plus puissante d’Europe à portée de main, le sud de l’Ukraine fragmenté. Les discussions de paix qui semblent se profiler en 2026, sous des formes diverses et imparfaites, se seraient tenues dans un rapport de force radicalement différent. C’est la victoire invisible de Zaporizhzhia : elle n’a pas seulement sauvé une ville. Elle a préservé un rapport de forces. Elle a maintenu une position de négociation. Elle a empêché le pire d’être encore pire.
LA MACHINE HUMAINE RUSSE : Ce qu'elle révèle d'elle-même
35 000 pertes par mois : l’arithmétique du sacrifice
L’Ukraine perd des hommes. La Russie aussi. Les bilans officiels divergent. Mais plusieurs sources convergent sur un chiffre pour les pertes russes : environ 35 000 soldats tués ou blessés par mois, sur l’ensemble du front, depuis l’accélération de l’offensive russe de l’automne 2024. Ce n’est pas une estimation ukrainienne uniquement. Des analystes occidentaux, des blogueurs militaires russes — les « milbloggers » que Moscou ne contrôle pas totalement — et des données démographiques concordent : la Russie perd son armée en la reconstituant. Elle recrute, envoie, perd, recrute encore. Les primes ont augmenté. Les délais d’entraînement ont diminué. Des hommes passent des semaines, pas des mois, à s’initier à la guerre avant d’être envoyés dans des tranchées.
Ilya avait trente-cinq ans. Mécanicien à Ekaterinbourg. Il avait signé pour six mois. On lui avait promis qu’il ne serait pas en première ligne. Il était en première ligne. Son contrat a été automatiquement prolongé par un décret présidentiel que personne ne lui avait mentionné à la signature. Sa femme a appris sa mort par un SMS d’un camarade, pas par une notification officielle. Elle attend toujours le corps. Elle attend toujours l’indemnisation promise. Elle attend. Pendant ce temps, les chiffres globaux continuent d’augmenter, impersonnels, abstraits, insupportables pour ceux qui les vivent de l’intérieur.
Cette guerre tue des Russes que Poutine a sacrifiés sans leur demander leur avis. Je ne confonds pas l’État russe et ses citoyens. Mais je note que la machine continue, que les mères russes pleurent dans le silence d’une censure qui interdit même le mot « guerre », et que le monde entier fait semblant de ne pas voir cette réalité-là non plus.
L’impunité comme stratégie
Voici ce que ça veut dire, « l’offensive de Zaporizhzhia arrêtée » dans la langue que Moscou utilise : rien. Il ne se passera rien. Aucun général ne sera mis en cause. Aucun plan ne sera révisé publiquement. Aucun porte-parole n’admettra que l’objectif était Zaporizhzhia, que des milliers d’hommes ont été mobilisés pour cet objectif, que des centaines sont morts ou ont été blessés dans ce secteur seul, que l’objectif n’a pas été atteint. L’impunité n’est pas un bug du système russe. C’est une feature. Elle maintient la cohérence apparente d’une stratégie qui, vue de l’intérieur, accumule les échecs. Si on ne reconnaît pas les défaites, il n’y en a pas. La réalité devient ce que le Kremlin décide qu’elle est. Et les soldats morts dans la steppe de Zaporizhzhia n’ont jamais existé dans cette réalité-là.
Et pourtant, la réalité du terrain ne disparaît pas parce qu’on refuse de la nommer. La ville de Zaporizhzhia est toujours ukrainienne. Les lignes défensives sont stabilisées. Les forces ukrainiennes ont libéré du territoire au sud. L’offensive d’hiver russe dans ce secteur est terminée. Ces faits existent indépendamment de ce que Moscou choisit d’annoncer ou de taire. La vérité n’attend pas l’autorisation du Kremlin pour être vraie.
LES NÉGOCIATIONS : Ce que Zaporizhzhia change
La géographie de la paix impossible
En mars 2026, le mot « négociations » circule à nouveau dans les chancelleries occidentales, dans les déclarations américaines, dans les communiqués de presse de dirigeants qui voudraient que cette guerre se termine. Il y a une chose fondamentale que ces négociations oublient systématiquement : chaque kilomètre carré de territoire ukrainien encore libre est un argument de négociation. Chaque ville qui tient change l’équation. Zaporizhzhia qui reste ukrainienne, c’est une ville de trois cent mille personnes qui ne seront pas soumises à l’occupation. C’est une région entière qui reste dans la souveraineté ukrainienne. C’est une position sur une carte qui, dans toute négociation future, représente ce qu’on appelle en droit international « la ligne de contrôle effective ».
La Russie négocie à partir de ce qu’elle tient. L’Ukraine négocie à partir de ce qu’elle a préservé. L’opération Tymur a préservé Zaporizhzhia. Elle a donc, indirectement, préservé une position de négociation. C’est peut-être l’enjeu le plus important de ces trois mois d’opération discrète — non pas les 300 soldats russes mis hors de combat, non pas les 39 prisonniers, non pas les positions stabilisées. Mais le fait que Zaporizhzhia reste dans la colonne « Ukraine » sur la carte que tout le monde regardera le jour où on parlera sérieusement de cessez-le-feu. Cette carte-là n’a pas de prix.
Je lis les communiqués sur les « négociations de paix » avec une méfiance constitutive. Les histoires de paix qu’on propose aux Ukrainiens ressemblent souvent à des histoires de capitulation déguisée. Mais Zaporizhzhia qui tient, c’est au moins un fait concret dans un paysage de discours flottants. Les faits sont rares. Celui-là mérite d’être comptabilisé.
La centrale nucléaire : le silence au cœur du silence
On ne peut pas parler de Zaporizhzhia sans revenir sur ce chiffre : six réacteurs, la plus grande centrale nucléaire d’Europe, sous contrôle russe depuis mars 2022. Gérée par Rosatom. Protégée par des soldats russes. Instrumentalisée comme bouclier dans une guerre où les règles du droit international humanitaire ont été systématiquement ignorées. En janvier 2026, un accord local entre Russie et Ukraine — validé par l’AIEA — a permis de réparer la dernière ligne électrique de secours de la centrale. La dernière. Ce n’est pas une anecdote. C’est le signe que même les protagonistes de cette guerre comprennent qu’une catastrophe nucléaire à Zaporizhzhia ne servirait personne — pas même Moscou.
Et pourtant, la centrale reste occupée. 226 résidents d’Enerhodar et employés de la centrale ont été arrêtés illégalement depuis 2022, selon une association ukrainienne de défense des droits. Des techniciens ukrainiens forcés de travailler sous supervision russe. Des familles d’employés qui ne savent pas si leurs proches sont prisonniers, déplacés ou morts. La centrale fonctionne à l’arrêt de ses réacteurs — tous en « shutdown froid » depuis 2022 — mais maintient des systèmes de refroidissement qui exigent de l’électricité. Si le courant s’arrête, la catastrophe devient réelle. Ce couteau est toujours sur la gorge de l’Europe. Zaporizhzhia qui tient ne change pas ça. Mais cela évite que le couteau se rapproche encore.
CE QUE L'OCCIDENT N'A PAS VU
La victoire discrète n’intéresse personne
J’ai cherché, le 7 mars 2026, la couverture médiatique de l’annonce de la HUR. Quelques articles dans des médias spécialisés dans la défense. Defence-UA. Kyiv Independent. RBC-Ukraine. Les grands médias occidentaux ? Ils étaient occupés à couvrir d’autres fronts — Iran, Moyen-Orient, les déclarations de Trump sur les négociations. L’histoire de Zaporizhzhia qui tient n’est pas assez spectaculaire pour concurrencer une frappe aérienne ou une déclaration présidentielle. C’est le paradoxe des victoires défensives : elles consistent précisément à ce que rien ne se passe. Aucune image dramatique. Aucun général qui plante un drapeau. Juste des lignes qui restent où elles étaient. Et trois cent mille civils qui dormaient cette nuit-là sans que les chars russes entrent dans leur ville.
Ce biais médiatique a des conséquences réelles. Quand les opinions publiques occidentales ne perçoivent pas les victoires ukrainiennes, elles ne perçoivent qu’une guerre qui s’éternise sans résultat. Ce « sentiment de guerre sans fin » alimente la fatigue, qui alimente les appels à la paix à n’importe quel prix, qui alimentent les positions politiques qui sacrifient l’Ukraine sur l’autel de la « stabilité régionale ». C’est un cercle vicieux fabriqué en partie par notre incapacité à raconter les victoires silencieuses. L’Ukraine gagne parfois. Pas assez spectaculairement pour nos chaînes d’information continue. Et cette lacune narrative a un coût politique bien réel.
Si chaque char russe brûlant fait la une pendant vingt-quatre heures, et si une opération de trois mois qui sauve une ville n’obtient qu’un entrefilet dans les médias spécialisés, alors nous ne couvrons pas la guerre. Nous couvrons le spectacle de la guerre. Et nous laissons les vraies histoires mourir dans l’indifférence.
Les volontaires russes : l’angle que personne ne veut traiter
L’unité Tymur comprend des Russes. Le Corps des volontaires russes, Siberian Battalion — des citoyens russes qui combattent contre l’armée russe. Ce fait devrait dominer les analyses politiques sur la nature de ce conflit. Ce n’est pas une guerre « Russie contre Ukraine » dans le sens monolithique que les simplifications médiatiques suggèrent. C’est une guerre où une part de la population russe refuse l’agression de son propre gouvernement — au point de prendre les armes de l’autre côté du front. Ces hommes risquent leur vie deux fois : face aux soldats russes qui veulent les tuer, et face à la justice russe qui les condamne à mort par contumace pour trahison. Ils ont tout perdu en Russie. Leur famille subit des représailles. Leurs noms sont sur des listes. Et ils continuent.
Pourquoi ? Parce que certains Russes savent que cette guerre est un crime. Parce que certains Russes refusent que leur pays soit défini par cette agression. Parce que, comme l’a dit un volontaire russe anonyme dans un entretien avec un média ukrainien : « Si je ne me bats pas contre ça, qui suis-je? Un complice silencieux. » Ces hommes sont un argument vivant contre l’essentialisation — l’idée que « les Russes » sont homogènes dans leur soutien à Poutine. Ce n’est pas vrai. Certains paient le prix le plus élevé pour dire que ce n’est pas vrai.
L'HIVER DE LA RÉSISTANCE : Ce que trois mois ont produit
La stabilisation comme victoire
Dans une guerre d’usure — et c’est ce qu’est devenu ce conflit depuis l’automne 2022 — stabiliser une ligne défensive est une victoire. Pas glamour. Pas photogénique. Mais militairement décisive. Chaque mois où le front ne recule pas est un mois où l’Ukraine conserve ses ressources, ses hommes, ses positions de négociation, sa légitimité internationale. L’opération Tymur a stabilisé le secteur de Zaporizhzhia pendant les trois mois les plus difficiles de l’hiver — décembre, janvier, février. Ces mois où la boue gèle et où les blindés russes ont historiquement tenté de franchir des terrains qui seraient impraticables en saison douce. L’Ukraine a tenu.
Le commandant en chef Syrskyi a annoncé en mars 2026 quelque chose qui aurait semblé impossible il y a six mois : l’Ukraine a capturé plus de territoire qu’elle n’en a perdu en février 2026. C’est une première depuis des mois. Cela ne signifie pas que la guerre est gagnée. Cela signifie que la dynamique a changé, au moins temporairement, au moins dans certains secteurs. Le sud de l’Ukraine est l’un de ces secteurs. Et la contribution de l’unité Tymur à ce renversement de dynamique ne peut pas être dissociée des 400 kilomètres carrés libérés plus à l’est. C’est un système. Chaque pièce tient les autres.
L’hiver 2025-2026 devait être « l’hiver de la capitulation ukrainienne » selon certains analystes. Il a été l’hiver où l’Ukraine a tenu, libéré du territoire, et arrêté une offensive majeure dans le sud. Je note cette divergence entre la prédiction et la réalité. Et je note que les mêmes analystes sont déjà en train d’expliquer pourquoi le printemps 2026 sera « l’heure de vérité ». Ce sera peut-être vrai. Ou peut-être que l’Ukraine continuera de nous surprendre.
Les leçons que les autres armées du monde prennent en notes
Les académies militaires du monde entier étudient la guerre en Ukraine en temps réel. Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale un conflit de haute intensité n’a produit autant de données sur la guerre moderne : l’efficacité des drones FPV, la vulnérabilité des chars face aux systèmes antichar modernes, l’importance de la guerre électronique, le rôle de l’intelligence artificielle dans le ciblage, la logistique comme cible prioritaire. L’opération Tymur ajoute une leçon supplémentaire : une unité de renseignement bien équipée, avec une autonomie opérationnelle réelle, peut dégrader une offensive ennemie avant qu’elle n’atteigne les lignes de contact. La prévention vaut mieux que la réaction. Détruire les convois à cinquante kilomètres vaut mieux que repousser les assauts à zéro mètre. C’est une révolution dans la pensée défensive. Et c’est une révolution que l’Ukraine est en train d’enseigner au monde entier.
Trente-neuf prisonniers de guerre russes — ceux capturés pendant l’opération Tymur — sont une autre ressource. Chaque prisonnier est une mine d’information. Sur les ordres reçus. Sur les effectifs réels. Sur le moral des troupes. Sur les problèmes logistiques. Sur les plans d’officiers qui croyaient que Zaporizhzhia tomberait en trois semaines. Ces informations alimentent la planification ukrainienne pour les prochaines phases. La guerre est aussi une guerre de connaissance. Et dans ce secteur-là, l’Ukraine vient de capturer quelque chose d’inestimable.
LE PRINTEMPS QUI VIENT : Ce que Moscou prépare
L’offensive de printemps : une certitude
Le général Valeri Gerasimov ne tient pas de conférences de presse. Il n’annonce pas ses plans. Mais les historiens militaires savent lire la steppe ukrainienne comme d’autres lisent un carnet d’intentions. Décembre à mars : la boue gèle, les blindés progressent. Avril à juin : le sol se détrempe, les colonnes s’enlisent. Juillet à octobre : la terre durcit, les offensives reprennent. C’est le cycle de cette guerre depuis 2022. L’offensive russe arrêtée à Zaporizhzhia en ce mars 2026 n’est pas une capitulation définitive. C’est un recul tactique. Les unités vont se reconstituer. Les routes logistiques vont être réparées ou déplacées. De nouveaux soldats — recrutés dans les prisons russes, dans les régions pauvres, dans les corps d’armée de pays alliés de Moscou — vont combler les vides. Et au printemps ou à l’automne, une nouvelle tentative aura lieu.
La question n’est pas « est-ce que la Russie va réessayer ? » La réponse est oui. La question est : dans quel état sera l’Ukraine quand cela arrivera ? La victoire de mars 2026 à Zaporizhzhia a donné à l’Ukraine du temps. Du temps pour former des unités supplémentaires. Du temps pour recevoir des équipements occidentaux. Du temps pour renforcer les lignes défensives. Du temps pour que l’unité Tymur identifie les nouvelles routes logistiques russes et recommence le travail de dégradation systématique. Le temps est l’arme principale dans une guerre d’usure. Zaporizhzhia qui tient en a gagné un peu. Ce n’est jamais assez. Mais ce n’est jamais rien non plus.
Je pense à la citation de Churchill — mal attribuée, souvent répétée, toujours vraie : « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement. » Pour Zaporizhzhia, en ce mois de mars 2026, c’est exactement ça. La fin d’un chapitre. Le suivant est déjà en cours d’écriture quelque part dans les états-majors russes. Et l’Ukraine le sait.
La cession de territoire comme monnaie de négociation
Il y a une question que les commentateurs occidentaux évitent parce qu’elle est inconfortable : si des négociations de paix aboutissent un jour, sur quelle base se feront-elles ? La Russie réclame quatre oblasts qu’elle a formellement « annexés » en 2022 — Zaporizhzhia, Kherson, Donetsk, Lougansk — dont elle ne contrôle même pas la totalité du territoire. Elle n’en contrôle pas les villes principales. Kherson est ukrainienne. Zaporizhzhia est ukrainienne. Si ces villes restent ukrainiennes au moment des négociations, la position russe est objectivement affaiblie. Pas suffisamment pour renoncer à ses ambitions. Mais suffisamment pour changer les termes du débat. C’est pourquoi l’opération Tymur a une valeur diplomatique qui dépasse de loin sa valeur militaire immédiate. Chaque jour que Zaporizhzhia reste ukrainienne est un jour de plus où la carte de la négociation reste en faveur de Kiev.
Et pourtant, les pressions occidentales sur l’Ukraine pour qu’elle « accepte des compromis territoriaux » continuent de s’exercer. Des voix influentes à Washington, à Budapest, à certains endroits de Bruxelles, suggèrent que l’Ukraine devrait accepter de renoncer à une partie de son territoire pour obtenir la paix. Ces voix ne disent jamais lesquelles. Elles ne disent pas si Zaporizhzhia fait partie du lot. Elles ne demandent pas aux gens de Zaporizhzhia ce qu’ils en pensent. L’opération Tymur a au moins le mérite de rappeler que ces terres ont des défenseurs. Des gens qui ont risqué leur vie pendant trois mois pour que la question ne soit pas réglée par des diplomates à huis clos.
LA MÉMOIRE DU FRONT : Ce qu'on oublie trop vite
Quatre ans de guerre : l’usure de la conscience mondiale
Le 24 février 2022. Il y a exactement quatre ans et deux semaines, les chars russes ont franchi la frontière ukrainienne. Le monde s’est levé. Des millions de personnes ont affiché le drapeau bleu et jaune sur leurs réseaux sociaux. Des manifestations ont eu lieu dans des dizaines de capitales. Des dirigeants ont juré que la Russie paierait le prix de cette agression. Quatre ans plus tard, le drapeau ukrainien a disparu des profils. Les manifestations se sont taries. La fatigue — celle des opinions publiques, celle des politiques, celle des budgets de défense occidentaux — est devenue le principal allié de Moscou. Et pourtant, à Zaporizhzhia, en décembre 2025, des soldats montaient dans leurs positions dans le froid de l’hiver ukrainien. Pas parce que le monde les regardait. Parce que la ville derrière eux leur demandait de tenir.
L’amnésie collective est une arme. Quand les opinions publiques ne voient plus la guerre, elles acceptent plus facilement que leurs gouvernements réduisent l’aide. Quand les gouvernements réduisent l’aide, les soldats ukrainiens manquent de munitions. Quand ils manquent de munitions, les lignes reculent. Quand les lignes reculent, il y a une nouvelle grande nouvelle — une percée russe, une ville perdue — et l’attention revient brièvement avant de repartir vers autre chose. C’est le cycle de l’indifférence. L’opération Tymur a interrompu ce cycle dans un secteur pendant trois mois. Mais le cycle lui-même n’a pas changé. Il faut choisir : soit on décide que cette guerre mérite une attention soutenue, soit on accepte que l’indifférence soit une forme de décision politique en soi. L’indifférence aussi a des conséquences.
Je sais que les lecteurs sont fatigués de la guerre en Ukraine. Je le suis aussi. La fatigue n’est pas une honte — c’est une réponse humaine à une horreur prolongée. Mais il y a une différence entre être fatigué et regarder ailleurs. L’unité Tymur n’a pas eu le luxe de regarder ailleurs. Ces hommes méritent qu’on fasse l’effort — même fatigués — de les voir.
Ce que les prisonniers nous disent sur la guerre
Trente-neuf prisonniers de guerre russes. Capturés dans le secteur de Zaporizhzhia pendant l’opération Tymur. Ces hommes ont des noms. Des familles. Des histoires. Ils sont une fenêtre rare sur l’armée russe de l’intérieur. Les témoignages de prisonniers de guerre — publiés par des organisations ukrainiennes de droits humains et des médias indépendants — révèlent des constantes : des soldats souvent mal informés des objectifs réels de leur mission, souvent convoqués par des officiers qui leur promettaient une opération courte, souvent épuisés et sous-équipés. Des hommes qui ont cru qu’ils seraient accueillis comme des libérateurs et qui ont trouvé une population qui les haïssait. Des hommes qui savaient que rentrer chez eux après la capture signifiait souvent la prison — parce que la Russie traite ses propres prisonniers de guerre comme des traîtres.
Andreï avait vingt-huit ans. Originaire de Krasnoïarsk. Il avait signé pour « l’opération spéciale » en octobre 2024, attiré par une prime équivalente à deux ans de salaire d’ouvrier. On lui avait dit que ce serait fini avant l’hiver. Il a été capturé en janvier 2026, dans la steppe de Zaporizhzhia, après que son groupe d’assaut a tenté de franchir une ligne défendue par l’unité Chimera. Il n’avait pas de cartes précises. Pas de soutien aérien. Pas de communication radio fiable depuis que les réseaux Starlink de son unité avaient été dégradés. Il marchait vers une ligne qu’il ne voyait pas, avec des ordres qu’il ne comprenait pas entièrement, dans un pays qu’il ne reconnaissait pas comme une menace. Il est maintenant dans un camp de prisonniers ukrainien. Il est vivant. C’est la seule chose qui ne ressemble pas à ce qu’on lui avait promis.
CONCLUSION : Ce qu'on retient d'une ville qui tient
Le prix de l’invisible
Zaporizhzhia tient. Trois mois après le début d’une offensive russe que personne dans les grands médias n’avait vraiment couverte, la ville est toujours ukrainienne. Trois cent mille civils dorment encore chez eux — sous les alertes, sous les coupures de courant, sous l’ombre de la centrale nucléaire occupée, mais chez eux. L’unité Tymur — quinze groupes de combattants, certains russes, certains bélarussiens, tous choisis pour se battre de ce côté du front — a fait ce que les grandes armées conventionnelles peinent parfois à faire : penser en termes de systèmes, frapper les nœuds, priver l’ennemi de sa capacité avant qu’il n’utilise. Le bilan : plus de 300 soldats russes hors de combat, 39 prisonniers, une offensive stoppée, une ville sauvée.
Ce n’est pas la fin de la guerre. Ce n’est pas même la fin des menaces sur Zaporizhzhia. La centrale nucléaire reste occupée. La Russie peut reconstituer ses forces, réorienter ses priorités, recommencer en mars ou en avril ou en mai. La guerre d’usure impose sa logique cruelle : chaque victoire doit être défendue à nouveau dès le lendemain. Mais pour l’instant, le 9 mars 2026, la ligne tient. La ville tient. L’unité Tymur a fait son travail.
Et pourtant, vous n’en avez probablement pas entendu parler. Pas parce que c’est un secret. Parce que nous avons décidé collectivement que les victoires silencieuses ne méritent pas de bruit. Que les guerres se racontent avec des explosions et des cartes qui changent de couleur, pas avec des convois détruits dans la nuit et des lignes qui restent là où elles étaient. C’est une erreur. Une erreur narrative qui a des conséquences politiques réelles. Parce que ce qu’on ne voit pas, on ne le défend pas. Et ce qu’on ne défend pas, on finit par l’abandonner.
Olena est toujours dans son appartement du quatrième étage. Elle a encore descendu à la cave cette nuit. Elle est encore remontée. Elle ne sait pas que quinze groupes de combattants ont passé trois mois à rendre ça possible. Elle n’a pas besoin de le savoir. Mais nous, oui.
Et c’est peut-être ça, la vérité finale de Zaporizhzhia : les victoires les plus importantes sont celles qu’on ne voit pas. Celles qui consistent à ce que le pire n’arrive pas. Celles qui se mesurent en vies qui continuent, pas en vies perdues. Ces victoires-là méritent qu’on les nomme. Qu’on les compte. Qu’on dise les noms de ceux qui les ont rendues possibles. Même — surtout — quand personne d’autre ne le fait.
Signé Maxime Marquette
Sources
Sources primaires
Defence-UA — Rapport original HUR sur l’opération Tymur : https://en.defence-ua.com/news/offensive_of_russian_troops_on_zaporizhia_stopped_ukraines_intelligence_reports_details_of_the_three_month_operation-17750.html
Kyiv Independent — Ukraine arrête l’offensive russe vers Zaporizhzhia, 300 soldats russes tués/blessés : https://kyivindependent.com/ukraine-halts-russian-offensive-toward-zaporizhzhia-killing-injuring-300-russian-troops-hur-claims/
RBC-Ukraine — L’avance russe vers Zaporizhzhia stoppée : https://newsukraine.rbc.ua/news/russian-advance-toward-zaporizhzhia-halted-1772882515.html
Ukraine Today — Rapport complet de l’opération : https://ukrainetoday.org/offensive-of-russian-troops-on-zaporizhia-stopped-ukraines-intelligence-reports-details-of-the-three-month-operation/
Sources secondaires
Kyiv Independent — Ukraine libère 400 km² dans le sud, Syrskyi : https://kyivindependent.com/ukraine-liberates-400-square-km-in-south-syrskyi-says/
Kyiv Independent — L’Ukraine capture plus de territoire qu’elle n’en perd en février 2026, Syrskyi : https://kyivindependent.com/ukraine-captured-more-territory-than-it-lost-to-russia-over-febraury-2026-syrskyi-says/
RBC-Ukraine — Contre-offensive dans le sud, 460 km² récupérés, Zelensky : https://newsukraine.rbc.ua/news/ukraine-reclaims-460-sq-km-in-south-zelenskyy-1772534151.html
RBC-Ukraine — Situation sur le front méridional Zaporizhzhia-Dnipropetrovsk : https://newsukraine.rbc.ua/comment/ukraine-s-southern-front-counterattack-progress-1771859752.html
United24 Media — Contre-offensive ukrainienne, 460 km² réclamés : https://united24media.com/latest-news/ukrainian-counteroffensive-breaks-russian-lines-reclaims-460km2-as-moscow-bleeds-35000-troops-a-month-16441
ONU Info — Situation nucléaire en Ukraine, AIEA : https://news.un.org/fr/story/2024/11/1150366
Europe Says — Rapport de l’opération Tymur : https://www.europesays.com/2829881/
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