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CHRONIQUE : Zelensky et ses Paralympiens — quand un président en guerre trouve le temps d’honorer ses champions
Crédit: Adobe Stock

Ce que ce geste dit de lui

Il y a quelque chose de révélateur dans le fait qu’un président qui reçoit chaque matin les bilans du front — les morts, les blessés, les positions perdues ou gagnées — choisisse de prendre la parole pour célébrer des victoires sportives. On pourrait voir ça comme de la communication politique. Ce l’est, en partie. Mais ce serait réduire le geste à sa seule mécanique. Car Zelensky, depuis le début de l’invasion, a maintenu cette constance : nommer. Les morts. Les héros. Les vivants. Les gagnants. Nommer, c’est refuser l’effacement.

Le ministre des Sports Matvii Bidnyi l’a dit autrement, mais dans le même sens : l’Ukraine continuera d’exercer une pression diplomatique et médiatique sur le Comité international paralympique malgré la décision d’autoriser les athlètes russes et biélorusses à concourir sous leurs drapeaux nationaux. La lutte ne s’arrête pas au bord des pistes. Elle continue dans les couloirs, dans les discours, dans les déclarations. Et Zelensky, en prenant trente secondes pour honorer ses Paralympiens, participe à cette lutte de représentation autant qu’à un acte de reconnaissance humaine.

Un président honore ses champions. Partout dans le monde, c’est une routine protocolaire. En Ukraine, c’est un acte politique. Parce que chaque Ukrainien qui gagne quelque chose, n’importe quoi, sur la scène internationale, dit au monde : nous sommes encore là. Comptez-nous. Ne nous effacez pas.

Le drapeau interdit, l’hymne autorisé

Il y a une ironie cruelle dans cette édition des Jeux. Le Comité international paralympique a refusé à l’Ukraine le droit de porter des uniformes représentant la carte du pays dans ses frontières internationalement reconnues. Une carte. L’Ukraine n’avait pas le droit de dessiner sa propre géographie sur ses vêtements de sport. Pendant ce temps, le même CIP autorisait 6 athlètes russes et 4 athlètes biélorusses à défiler à Vérone sous leurs drapeaux nationaux — les drapeaux du pays qui bombarde et du pays qui facilite le bombardement.

Et pourtant. L’Ukraine, ce premier jour de compétition, a fait jouer son hymne national trois fois. Trois ors. Trois fois, les premières notes de Shche ne vmerla Ukraina« L’Ukraine n’est pas encore morte » — ont résonné dans les Alpes italiennes. Zelensky n’a pas eu besoin de le dire. Ses athlètes l’ont dit à sa place. La réponse la plus élégante et la plus dévastatrice à une bureaucratie internationale qui tente de gérer l’indécence à coups de règlements.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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