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ENQUÊTE : Le drone iranien qui a frappé la base britannique cachait une puce russe — et ça change tout
Crédit: Adobe Stock

Un hangar percé, des avions espions visés

RAF Akrotiri n’est pas une base ordinaire. Nichée dans la partie méridionale de Chypre, cette base souveraine britannique — territoire du Royaume-Uni, non membre de l’Union européenne — constitue le pivot logistique et de renseignement de la Grande-Bretagne au Moyen-Orient. C’est depuis cette base qu’ont été conduits les raids sur Daech en Syrie et en Irak, que les missions de surveillance du Golfe sont coordonnées, que les avions de patrouille maritime surveillent la Méditerranée orientale.

À l’intérieur du hangar percé : des U-2. Ces avions américains de reconnaissance à très haute altitude, conçus pendant la Guerre froide, restent parmi les systèmes de collecte de renseignements les plus précieux de l’Occident. Ils volent à 21 000 mètres d’altitude. Leurs capteurs voient tout. Les viser, c’est envoyer un message.

Le drone est arrivé peu après minuit. Il a contourné les défenses. Il a frappé. La défense sol-air britannique était au niveau d’alerte maximum, selon le ministère de la Défense — et pourtant, le Shahed est passé. Deux autres drones, lancés dans les jours suivants, ont été interceptés. Des F-16 grecs ont abattu des appareils iraniens en espace aérien libanais. Mais le premier était déjà arrivé à destination.

La question n’est pas « comment c’est possible qu’un drone ait frappé une base de l’OTAN sans être abattu ». La vraie question est : pourquoi ce drone était-il si difficile à brouiller? Pourquoi a-t-il maintenu son cap avec une précision que les systèmes de défense électronique n’ont pas pu perturber?

La réponse est dans les décombres : Kometa-B

Kometa-B. En russe : комета. Une comète. Un nom poétique pour un composant qui ne l’est pas. Il s’agit d’une antenne CRPA multi-canaux — Controlled Reception Pattern Antenna — conçue pour maintenir le signal de navigation satellitaire dans des conditions de brouillage électronique intense.

En langage simple : quand vos ennemis essaient d’aveugler votre drone, Kometa-B reste les yeux ouverts.

La Russie avait développé ce système précisément parce que l’Ukraine — avec l’aide occidentale — avait atteint une redoutable efficacité dans le brouillage des drones Geran/Shahed. Les systèmes de guerre électronique ukrainiens déviaient les appareils, les faisaient s’écraser en campagne plutôt que sur leurs cibles. Kometa-B était la réponse de Moscou à cette vulnérabilité. Une réponse qui coûtait des vies ukrainiennes, qui permettait aux Geran d’atteindre des hôpitaux, des centrales électriques, des immeubles d’habitation à Kherson, à Kyiv, à Odessa.

Et maintenant, ce même système se trouvait dans un drone iranien, frappant une base britannique à Chypre.

La technologie n’a pas de frontière idéologique. Elle a seulement un prix, un vendeur, et un acheteur. Et le vendeur, cette fois, a un nom : la Russie.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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