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ANALYSE : Trump lève les sanctions pétrolières et offre à Poutine ce que trois ans de guerre n’ont pas réussi à lui donner
Crédit: Adobe Stock

Le précédent indien du 6 mars

La décision de Trump ne tombe pas du ciel. Elle est le produit d’une escalade méthodique. Le 6 mars 2026, le département du Trésor américain a émis une dérogation temporaire permettant aux entités indiennes d’acheter du pétrole russe déjà chargé sur des pétroliers avant cette date. La fenêtre couvrait la période du 5 mars au 4 avril. Scott Bessent avait justifié cette mesure en expliquant qu’elle ne profiterait pas significativement au gouvernement russe puisqu’il s’agissait de pétrole déjà en mer, bloqué par les sanctions. Il avait qualifié l’Inde d’« alliée de bonne foi » et déclaré : « Pour combler le déficit temporaire de pétrole dans le monde, nous leur avons donné la permission d’accepter le pétrole russe. »

Mais Bessent était allé plus loin. Beaucoup plus loin. Il avait ajouté cette phrase, apparemment anodine, qui contenait en réalité une bombe géopolitique : « Nous pourrions lever les sanctions sur d’autres pétroles russes. » En une phrase, le secrétaire au Trésor des États-Unis venait de signaler au monde entier que l’architecture de sanctions construite depuis 2022 contre la Russie était désormais négociable. Pas un outil de pression permanent. Pas un rempart moral. Un levier conjoncturel, activable et désactivable selon les cours du brut.


Il y a quelque chose de profondément vertigineux dans cette séquence. Pendant trois ans, l’Occident a martelé que les sanctions contre la Russie étaient un pilier de l’ordre international fondé sur les règles. Que toucher au pétrole russe, c’était toucher à la machine de guerre de Poutine. Et en trois jours — du 6 au 9 mars —, tout est devenu optionnel. Flexible. Négociable. Les principes n’ont pas changé. Mais leur prix, oui.

La réaction démocrate : un avertissement ignoré

La riposte politique n’a pas tardé. Le représentant Sam Liccardo, démocrate de Californie, et le sénateur Ruben Gallego, démocrate de l’Arizona, ont adressé une lettre incendiaire à Bessent. Leurs mots ne laissaient aucune place à l’ambiguïté : « Votre récente décision d’accorder une dérogation de 30 jours est dangereuse, autodestructrice et indéfendable. » Les deux élus citaient des rapports indiquant que la Russie avait aidé l’Iran à cibler des forces américaines dans la région. Leur conclusion était glaciale : « En accordant cette dérogation, vous avez signalé que les États-Unis récompenseront les attaques contre nos troupes, pas les dissuaderont. » L’administration Trump n’a pas répondu.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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