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CHRONIQUE : Quand la Hongrie braque un convoi bancaire en pleine Union européenne
Crédit: Adobe Stock

Le piège se referme sur le boulevard circulaire

L’asymétrie est totale. D’un côté, sept employés bancaires, certains avec 21 ans d’ancienneté chez Oschadbank, roulant dans deux fourgons blindés commerciaux sans escorte armée. De l’autre, le TEK — le Centre antiterroriste hongrois — normalement déployé contre les cellules djihadistes, surgissant avec un véhicule blindé de transport de troupes, des mitrailleuses lourdes et des lance-grenades. Sept hommes en costume contre un arsenal de guerre.

La disproportion est théâtrale. Les autorités ont diffusé la vidéo de l’interception avec une bande-son de film d’action. Ce n’est pas une opération de sécurité. C’est une opération de communication. Un spectacle calibré pour un public hongrois à qui l’on vend l’image d’un gouvernement prêt à affronter la « mafia de guerre ukrainienne » — l’expression est de Péter Szijjártó, le ministre des Affaires étrangères.


Il y a quelque chose d’obscène dans cette vidéo. Des hommes en tenue de combat, surarmés, encerclant des employés de banque désarmés — et la Hongrie filme ça comme un exploit. Dans quel univers parallèle un État membre de l’Union européenne produit-il un clip promotionnel de son propre braquage?

Des convoyeurs traités comme des combattants ennemis

Les sept Ukrainiens n’ont opposé aucune résistance. Leur mission était légale, encadrée par un contrat interbancaire entre Raiffeisen Bank International AG et Oschadbank. Les véhicules immatriculés, les trajets déclarés, les formalités douanières remplies. Malgré cela, les sept ont été traités non pas comme des témoins — statut qu’ils n’ont jamais quitté aux yeux du droit hongrois — mais comme des prisonniers de guerre. Menottés 28 heures. Yeux bandés. Téléphones et effets personnels saisis — jamais restitués.

Aucun n’a pu contacter sa famille. Aucun accès à un avocat. L’ambassade d’Ukraine à Budapest a réclamé un accès consulaire — refusé. Les autorités ont fourni de fausses informations sur la localisation des détenus. Et quand les agents se sont adressés aux prisonniers, ils l’ont fait en russe. Pas en ukrainien. Pas en anglais. En russe. Le choix de la langue n’est jamais innocent.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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