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CHRONIQUE : Quand Moscou arme des enfants contre ses propres scientifiques
Crédit: Adobe Stock

Cinquante ans de lasers au service de la destruction

L’Institut Polyus n’est pas un laboratoire ordinaire. Fondé en 1962 par Mitrofan Fedorovitch Stelmakh, il est devenu le centre névralgique des technologies laser russes. Il fait partie du holding Shvabé, intégré à la corporation d’État Rostec. On y fabrique des lasers à semi-conducteurs, des gyroscopes laser pour missiles de croisière, des systèmes de navigation inertielle sans plateforme, des cristaux électro-optiques et des structures quantiques pour les photodétecteurs militaires.

Quand un Kalibr 3M-14 frappe un immeuble à Dnipro, c’est un gyroscope laser de Polyus qui le guide. Quand un Iskander-M quitte sa rampe, c’est un système 9B918 et des gyroscopes MT-501-V de Polyus qui assurent la précision. Et quand le missile Oreshnik — cette arme hypersonique dépassant Mach 10, soit 12 000 km/h — traverse l’atmosphère avec ses six ogives à guidage indépendant, ce sont des composants de ce même institut qui rendent l’impossible possible.


Il y a quelque chose de vertigineux dans cette ironie. Un institut qui fabrique les instruments de la mort la plus sophistiquée au monde, attaqué par deux adolescents avec un couteau de cuisine. Le XXIe siècle qui percute le Moyen Âge, en plein Moscou.

L’Oreshnik : la fierté devenue talon d’Achille

L’Oreshnik est un missile balistique à portée intermédiaire que le Pentagone identifie comme variante du RS-26 Rubezh. Portée estimée : 3 500 à 5 470 kilomètres. Suffisant pour atteindre la plupart des capitales européennes. Il embarque des véhicules de rentrée multiples à ciblage indépendant — technologie réservée aux armes nucléaires. Poutine a annoncé le 1er août 2025 son entrée en production en série. Première utilisation au combat : 21 novembre 2024, contre Dnipro.

Et pourtant. Cette arme que le Kremlin présente comme invincible dépend de scientifiques septuagénaires que deux adolescents ont failli éliminer devant leur bureau. La puissance de frappe la plus redoutable de la Russie moderne tient au bout des doigts d’hommes qui ont commencé leur carrière quand Leonid Brejnev dirigeait l’Union soviétique.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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