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ÉDITORIAL : Une bombe explose devant une synagogue à Liège et la Belgique fait semblant de découvrir la haine
Crédit: Adobe Stock

Le fantôme du Musée juif de Bruxelles

Le 24 mai 2014. 15h27. Rue des Minimes, Bruxelles. Un homme entre au Musée juif de Belgique avec une kalachnikov. Deux minutes. Quatre morts. Mehdi Nemmouche, djihadiste français passé par les prisons de l’État islamique en Syrie, condamné à la réclusion à perpétuité. La Belgique avait juré : plus jamais. Et pourtant.

Douze ans séparent le Musée juif de la synagogue de Liège. Douze ans pendant lesquels les actes antisémites en Belgique n’ont cessé d’augmenter. 129 actes en 2024. 232 actes en 2025 — un bond de 80%, un record absolu depuis la création de la plateforme antisémitisme.be en 2001. Ce ne sont pas des statistiques. Ce sont des parents qui retirent la kippa de la tête de leur enfant avant l’école. Des étudiants qui dissimulent leur étoile de David sous leur t-shirt. 84% des Juifs belges considèrent l’antisémitisme comme un problème important dans leur vie quotidienne. Pas dans les livres d’histoire. Dans leur vie. Maintenant.


On peut condamner une explosion. On peut même être sincère en le faisant. Mais quand on condamne pour la centième fois en ignorant les deux cent trente-deux incidents qui ont précédé, on n’est plus dans la solidarité. On est dans le rituel.

Les chiffres que personne ne veut regarder en face

Selon le rapport annuel 2024 d’Unia, 192 signalements d’antisémitisme et de négationnisme ont été enregistrés. En 2025, les chiffres explosent. Violence verbale : 36%. Violence physique : 21%. Dégradations : 27%. Un acte antisémite sur cinq implique des coups. Yves Oschinsky, président du Comité de coordination des organisations juives de Belgique, qualifie l’explosion d’acte extrêmement préoccupant. Les mots sont mesurés. La peur, elle, ne l’est pas.

L’enquête de la FRA — l’Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne — confirme : 83% des Juifs belges estiment que l’antisémitisme est en augmentation depuis cinq ans. Ce n’est pas une perception déformée. C’est une lecture exacte de la réalité. La communauté juive de Belgique vit avec un sentiment d’insécurité que le reste du pays refuse de voir. Parce que voir, c’est agir. Et agir, c’est compliqué.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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