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ÉDITORIAL : Viktor Orbán transforme la crise pétrolière iranienne en arme contre l’Ukraine
Crédit: Adobe Stock

L’héritage soviétique qui enchaîne encore Budapest

Le pipeline Droujba — « amitié » en russe, l’ironie ne s’invente pas — est un vestige de la Guerre froide. Construit dans les années 1960, il transporte le brut russe sur plus de 4 000 kilomètres, de la Sibérie occidentale jusqu’au coeur de l’Europe centrale. Sa branche sud alimente directement la Hongrie et la Slovaquie. Avant l’interruption de janvier, 150 000 barils par jour transitaient par cette route. Pour la Hongrie, cela représentait entre 86 et 92 % de ses importations de brut. Pour la Slovaquie, c’était la quasi-totalité — la raffinerie Slovnaft de Bratislava est configurée exclusivement pour traiter le pétrole russe.

Quand l’Union européenne a imposé ses sanctions pétrolières en 2022, après l’invasion de l’Ukraine, Budapest et Bratislava ont obtenu des exemptions. Le raisonnement était simple : ces pays n’avaient pas d’alternative immédiate. Pas d’accès à la mer. Pas de raffineries adaptées à d’autres types de brut. L’exemption devait être temporaire — le temps de diversifier. Quatre ans plus tard, la Hongrie n’a pratiquement rien fait pour réduire sa dépendance. Et ce n’est pas un oubli. C’est un choix. Un choix stratégique qui permet à Orbán de maintenir une relation privilégiée avec Moscou tout en réclamant la compréhension de ses partenaires européens.


Quatre ans. Quarante-huit mois pour construire un terminal, diversifier les fournisseurs, adapter les raffineries. Quatre ans que Budapest a choisi de ne rien faire. Et aujourd’hui, Orbán pointe du doigt tout le monde sauf lui-même. C’est comme un homme qui refuse de porter un manteau en décembre et qui accuse l’hiver d’être froid.

L’impasse technique devenue arme diplomatique

La Hongrie et la Slovaquie ont tenté une manoeuvre en février. Elles ont demandé à la Croatie de faciliter le transit de brut russe via le pipeline Adria, arguant que leurs exemptions de sanctions couvraient les importations maritimes si les routes terrestres étaient interrompues. Zagreb a refusé net. Permettre du pétrole d’origine russe dans ses infrastructures alors que l’Europe entière tente de s’en sevrer — le signal politique aurait été dévastateur. Ce refus a confirmé ce que tout le monde savait déjà : l’isolement énergétique de la Hongrie est le fruit de ses propres décisions. Pas de la malveillance ukrainienne. Pas des sanctions européennes. De l’inaction délibérée d’un gouvernement qui a parié que le pétrole russe bon marché coulerait éternellement.

Le 16 février, les gouvernements de Budapest et de Bratislava ont formalisé leur demande auprès de Zagreb. La Croatie a répondu en quelques jours : c’est non. Le pipeline Adria, qui relie le port de Krk aux raffineries d’Europe centrale, ne servira pas de route de contournement pour le brut russe. Les responsables croates ont invoqué à la fois des raisons techniques et politiques. La capacité du pipeline est limitée. Et surtout, accueillir du pétrole russe en pleine guerre reviendrait à saper l’effort collectif de l’Union européenne.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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