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OPINION : La doctrine Trump ou comment Washington réinvente la guerre sans jamais assumer la paix
Crédit: Adobe Stock

Détruire des capacités sans détruire un régime

Le Dr Latham décrit la doctrine Trump comme un passage de la reconstruction politique à la coercition stratégique. En théorie, l’idée est séduisante. Au lieu de s’enliser pendant vingt ans comme en Afghanistan ou de dépenser des milliers de milliards comme en Irak, on frappe vite, on frappe fort, on modifie le comportement de l’adversaire, et on rentre chez soi. Les frappes de précision, la technologie de surveillance avancée et les missiles de croisière permettraient de neutraliser les capacités ennemies sans mettre un seul soldat au sol. C’est le rêve technocratique de la guerre propre — la guerre sans conséquences, la guerre sans images gênantes, la guerre sans cercueils drapés de drapeaux américains.

Sauf que la réalité ne coopère pas avec les PowerPoint du Pentagone. Les sept soldats américains morts en Iran prouvent que même les frappes chirurgicales tuent des Américains. Les centaines de missiles et milliers de drones lancés par l’Iran en représailles prouvent que les adversaires asymétriques ne se laissent pas coercer en silence. Et les 1 200 civils morts prouvent que la précision est un mot que le Pentagone utilise quand il veut que vous arrêtiez de poser des questions.


La coercition stratégique, dans les manuels de sciences politiques, ça a l’air brillant. Dans les rues de Téhéran, ça ressemble à des immeubles soufflés. Je me demande à quel moment on a décidé que détruire la capacité d’un pays à se défendre était un substitut acceptable à la diplomatie.

Le précédent vénézuélien et ses limites iraniennes

Les partisans de cette approche citent le Venezuela comme preuve de concept. Là-bas, les forces américaines auraient éliminé la direction politique tout en laissant les infrastructures étatiques intactes, puis se seraient désengagées avant de s’enliser. Le modèle vénézuélien : entrer, décapiter, sortir. Propre. Net. Efficace. Mais l’Iran n’est pas le Venezuela. L’Iran possède une armée conventionnelle, des missiles balistiques, un réseau de proxys couvrant le Moyen-Orient, une profondeur stratégique considérable et surtout — une résilience institutionnelle que Washington a spectaculairement sous-estimée. La preuve : Khamenei mort, l’Iran a nommé son fils Mojtaba comme successeur en quelques jours. Le régime n’a pas vacillé. Il s’est consolidé.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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