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COMMENTAIRE : Les États-Unis ont tiré leurs missiles en Iran et maintenant le monde tremble
Crédit: Adobe Stock

Le fossé entre consommation et production

Les États-Unis produisent environ 90 Tomahawk par an. Le budget 2026 en demandait 57 nouveaux. Cinquante-sept missiles pour une nation qui vient d’en tirer 400 en trois jours. Au rythme actuel, il faudrait plus de quatre ans pour reconstituer ce qui a été dépensé en un week-end. Et ça suppose qu’aucun autre conflit n’éclate. Que la mer de Chine méridionale reste calme. Que le détroit de Taïwan reste ouvert.

Chaque Tomahawk nécessite un cycle de fabrication de près de deux ans. Les composants électroniques, les systèmes de guidage, les moteurs Williams F107, les ogives — chaque élément provient de fournisseurs spécialisés dont les chaînes d’approvisionnement sont tendues comme des cordes de violon.


Il y a quelque chose d’obscène dans cette équation. La plus grande puissance militaire de l’histoire humaine est incapable de fabriquer ses propres armes assez vite pour rester crédible. On a dépensé des milliards pour concevoir le missile parfait. On a oublié de construire les usines pour le produire.

Le paradoxe de la précision industrielle

Le Tomahawk n’est pas un obus qu’on coule dans un moule. C’est un petit avion sans pilote avec un ordinateur de bord, un GPS, un altimètre radar et un système de corrélation de terrain. Chaque missile est assemblé dans les installations de Raytheon à Tucson, en Arizona. Les techniciens sont des spécialistes qu’on ne forme pas en six mois. Plus les armes sont précises, plus elles sont longues à produire. Plus elles sont longues à produire, plus le stock est vulnérable. C’est un cercle vicieux que personne n’a voulu résoudre tant que les guerres se faisaient contre des adversaires qui ne pouvaient pas riposter.

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