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ANALYSE : 85 cibles russes pulvérisées en un mois — quand l’Ukraine frappe au coeur de la machine de guerre
Crédit: Adobe Stock

Une stratégie née du désespoir

Le programme DeepStrike n’est pas né dans un bureau climatisé du Pentagone. Il est né dans les décombres de Kharkiv, dans les ruines de Dnipro, de la constatation brutale qu’une guerre d’usure favorise toujours celui qui possède le plus de ressources. La Russie conservait une capacité industrielle suffisante pour produire missiles, drones Shahed et obus en quantités dépassant le rythme de destruction ukrainien. La seule solution logique était de frapper la source. Pas les symptômes. La source. Les usines. Les dépôts. Les raffineries qui transforment le pétrole brut en carburant pour les convois militaires.


Il y a quelque chose de profondément révélateur dans le fait que l’Occident ait mis si longtemps à autoriser les frappes en profondeur. Comme si frapper les usines qui produisent les missiles qui tuent des civils ukrainiens était plus « escalatoire » que les missiles eux-mêmes. Cette logique tordue a coûté des milliers de vies. Les résultats de février prouvent ce que l’Ukraine disait depuis le début : donnez-nous les moyens de frapper la source, et nous changerons l’équation.

L’architecture d’une frappe réussie

Chaque frappe du programme DeepStrike résulte d’une chaîne opérationnelle d’une complexité vertigineuse. D’abord, le renseignement : imagerie satellite, interception de communications, sources humaines. Ensuite, la planification : trajectoires calculées pour éviter les systèmes S-300, S-400 et Pantsir déployés en couches. Puis, l’exécution : lancement coordonné de missiles balistiques, missiles de croisière et drones kamikazes pour saturer les défenses. La sophistication explique pourquoi la Russie est incapable de s’adapter. Un drone kamikaze à quelques milliers de dollars détruit une raffinerie valant des centaines de millions — c’est l’asymétrie ultime.

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