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ANALYSE : La France déploie sa flotte vers Ormuz et redessine l’ordre maritime mondial
Crédit: Adobe Stock

Vingt pour cent du pétrole mondial dans un goulet de trente kilomètres


Il y a quelque chose d’absurde, quand on y pense. Toute l’économie mondiale, tous nos trajets en voiture, toutes nos usines, tout notre chauffage — une part colossale de tout cela dépend d’un corridor maritime plus étroit que la distance entre Montréal et Longueuil. Et on a collectivement décidé de ne jamais y penser. Jusqu’à maintenant.

Le détroit d’Ormuz mesure à peine trente kilomètres dans sa partie la plus étroite. Trente kilomètres entre l’Iran au nord et Oman au sud. Trente kilomètres par lesquels transitent chaque jour des millions de barils de pétrole, du gaz naturel liquéfié, des matières premières qui alimentent les économies de l’Europe, de l’Asie et du reste du monde. En temps normal, c’est environ 20 % de la consommation pétrolière mondiale qui passe par ce goulot. Les pétroliers s’y croisent dans un ballet millimétré, encadrés par des protocoles de navigation rigides.

Depuis le 28 février 2026, ce ballet est interrompu. Les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran ont déclenché des représailles iraniennes par missiles balistiques et drones. Le détroit est devenu une zone de guerre. Les compagnies d’assurance maritime ont reclassé la zone en risque extrême. Les armateurs refusent d’y envoyer leurs navires. Le trafic commercial s’est effondré. Et le monde découvre, brutalement, ce qu’il savait déjà mais refusait de voir : notre dépendance énergétique tient à un fil. Un fil de trente kilomètres de large, coincé entre deux rives hostiles.

Le prix de la guerre se mesure à la pompe

Les conséquences sont immédiates et mondiales. Le prix du baril de pétrole a explosé au-dessus des 100 dollars, un seuil psychologique et économique qui n’avait plus été franchi depuis 2022. Les marchés financiers tremblent. Les économies émergentes, déjà fragilisées par des années d’inflation, vacillent. L’Europe, qui avait à peine digéré le choc énergétique provoqué par la guerre en Ukraine, se retrouve face à une nouvelle crise d’approvisionnement. Chaque jour de fermeture du détroit coûte des milliards à l’économie mondiale.

Et pourtant, le plus frappant n’est pas le prix du baril. C’est la vitesse à laquelle tout s’est effondré. En quelques jours, le commerce maritime mondial a été amputé de l’une de ses artères principales. Les routes alternatives — le cap de Bonne-Espérance, le canal de Suez déjà saturé — ajoutent des semaines de trajet et des coûts astronomiques. Le monde découvre qu’il n’a pas de plan B pour Ormuz. Il n’en a jamais eu.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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