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ANALYSE : L’Asie au bord du gouffre énergétique, et le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

55 kilomètres qui tiennent la planète en otage

Coincé entre l’Iran et Oman, large de 55 kilomètres, le détroit d’Ormuz concentre une proportion obscène du commerce énergétique mondial. Des supertankers chargés de pétrole saoudien, émirati, irakien et koweïtien s’y faufilent chaque jour. Quand ce goulot se referme, les coûts de fret explosent et les chaînes d’approvisionnement se disloquent. Les analystes de JP Morgan : « Le marché passe du pricing du risque géopolitique à la confrontation avec une perturbation opérationnelle tangible. »

La quasi-fermeture du détroit signifie que les principaux producteurs — Arabie saoudite, Émirats arabes unis, Irak, Koweït — ont suspendu l’expédition d’environ 140 millions de barils. C’est 1,4 jour de demande mondiale qui disparaît d’un coup. Amir Zaman, analyste chez Rystad Energy, prévient que la restauration de la production pourrait prendre « des jours, des semaines ou des mois, selon le type de champs ». On ne rallume pas un champ pétrolier comme on rallume une lumière. Chaque jour de fermeture crée des dommages techniques qui se cumulent et rendent le retour à la normale de plus en plus hypothétique.


Nous avons passé soixante ans à construire une économie mondiale qui repose sur un goulet de 55 kilomètres de large. C’est comme bâtir une cathédrale sur une plaque de glace et s’étonner quand elle fond. Le détroit d’Ormuz n’a jamais été une garantie. C’était un pari. Et nous venons de le perdre.

L’infrastructure critique sous les bombes

Au-delà du détroit, c’est toute l’infrastructure énergétique régionale qui vacille. Les attaques de drones contre les installations du Qatar ont provoqué une déclaration de force majeure. Le Qatar fournit 20 % du GNL mondial. Un cinquième de l’approvisionnement gazier planétaire, suspendu par des drones. La raffinerie Ras Tanura d’Aramco a fermé après des attaques. Les champs pétroliers en Irak et au Koweït réduisent leur production parce que les installations de stockage débordent, faute de pouvoir exporter.

Le cercle vicieux est parfait. Les attaques ferment le détroit. Le détroit fermé bloque les exportations. Les exportations bloquées saturent le stockage. Le stockage saturé force la réduction de production. C’est une spirale infernale. Goldman Sachs avertit que les prix pourraient dépasser les 100 dollars le baril durablement. Certains analystes évoquent un scénario à 200 dollars d’ici fin 2026. Ce n’est plus de la spéculation. C’est de l’arithmétique.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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