Skip to content
ANALYSE : Onze milliards en six jours — le prix vertigineux de la guerre en Iran que personne ne veut calculer
Crédit: Adobe Stock

La décomposition d’un budget de guerre

Le Center for Strategic and International Studies (CSIS) a publié une analyse minutieuse des 100 premières heures de l’opération. Le verdict : 3,7 milliards de dollars. Soit 891,4 millions par jour. Soit 37 millions par heure. Soit 617 000 dollars par minute. Pendant que vous lisez cette phrase, environ 10 000 dollars viennent de s’envoler en fumée au-dessus de l’Iran. Et ces 3,7 milliards ne sont que le début de l’histoire. Sur ce montant, 3,5 milliards — soit 95 % — étaient non budgétés. Des dépenses imprévues. De l’argent que personne n’avait prévu de dépenser. Seulement 178 millions correspondaient à des coûts opérationnels planifiés. Le reste est un gouffre que le Trésor américain devra combler.

La ventilation est vertigineuse. Les opérations aériennes : 125,2 millions, plus de 200 avions de chasseF-35, F-22, F-15, F-16, F/A-18E/F Super Hornet. Les opérations navales : 64,5 millions, deux porte-avions (USS Gerald R. Ford et USS Abraham Lincoln), 14 destroyers. Les opérations terrestres : 7 millions, 582 soldats, batteries de HIMARS, THAAD et Patriot.


On peut faire entrer beaucoup de chiffres dans un briefing classifié. Mais on ne peut pas y faire entrer la question fondamentale : qui a autorisé une dépense de 11 milliards sans vote du Congrès, et pourquoi le contribuable est-il le dernier informé ?

Les munitions : le poste de dépense qui dévore tout

Le véritable gouffre financier se cache dans les munitions. Selon le CSIS, les 100 premières heures ont vu l’utilisation de plus de 2 000 munitions guidées, pour un coût estimé de 3,1 milliards de dollars. Entièrement non budgétés. Et le rythme de dépense était de 758 millions par jour, rien que pour les munitions. La phase initiale a été dominée par les missiles de croisière Tomahawk — plus de 160 tirés dans les premières heures, à 3,6 millions de dollars l’unité. Faites le calcul : 576 millions rien qu’en Tomahawk pour l’ouverture du bal. Des centaines de ces missiles ont été lancés depuis des navires de surface et des sous-marins positionnés en mer d’Arabie, dans le golfe d’Oman et en mer Rouge.

À partir du quatrième jour, le Pentagone a basculé vers des munitions moins coûteuses — des JDAM à 80 000 dollars l’unité et des JSOW à coût réduit — signe que même la première puissance militaire mondiale doit surveiller ses stocks. Les bombardiers B-1 et B-52, déployés depuis le territoire continental américain, ont commencé à mener des opérations de jour au-dessus de l’Iran. Et pourtant, le coût des munitions offensives n’est qu’une partie du problème. Les intercepteurs de défense aérienne ont coûté entre 1,2 et 3,7 milliards de dollars à eux seuls, pour contrer les 500 missiles balistiques et 2 000 drones lancés par l’Iran en représailles.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu