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ANALYSE : Quand Trump refuse l’aide ukrainienne contre les drones iraniens, c’est toute sa stratégie qui se dévoile
Crédit: Adobe Stock

Une technologie née dans les tranchées ukrainiennes

Le système Merops n’est pas sorti d’un laboratoire du Pentagone. Il est né dans la boue, le froid et le chaos des nuits ukrainiennes, quand des essaims de drones Shahed russes traversaient le ciel pour frapper des infrastructures civiles. C’est sur ce terrain, le plus exigeant au monde en matière de guerre de drones, que la technologie a été forgée, testée et perfectionnée. Le système tient dans l’arrière d’un pickup. Il utilise l’intelligence artificielle pour naviguer même quand les communications satellite et électroniques sont brouillées. Il détecte des cibles que les radars calibrés pour les missiles ne voient pas.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 1 000 drones russes détruits confirmés. Certaines estimations montent à 1 900 interceptions réussies. Un taux de succès estimé à 95 pour cent contre les drones de type Shahed. Chaque intercepteur Surveyor coûte entre 14 500 et 15 000 dollars, peut dépasser les 280 kilomètres à l’heure, et détruit des drones qui en coûtent trois à quatre fois plus. C’est l’équation que tout stratège militaire recherche : un ratio coût-efficacité qui rend la défense anti-drone soutenable sur le long terme, contrairement aux missiles Patriot à plusieurs centaines de milliers de dollars pièce tirés sur des engins à 20 000 dollars.


Il y a une ironie mordante à voir un président affirmer que son pays « en sait plus sur les drones que quiconque » au moment précis où son armée déploie massivement une technologie développée, testée et prouvée par un autre pays — celui-là même dont il refuse l’aide.

Le déploiement qui contredit le discours

Le secrétaire de l’Armée américaine Dan Driscoll a annoncé l’envoi de 10 000 drones intercepteurs Merops au Moyen-Orient. Dix mille. Le déploiement s’est fait en cinq jours seulement après le début de l’opération contre l’Iran, le 28 février. Les systèmes ont été expédiés directement par le fabricant, Perennial Autonomy, une entreprise soutenue par l’ancien PDG de Google, Eric Schmidt. Ils ont été envoyés dans « divers endroits, y compris là où les forces américaines ne sont pas présentes ». Autrement dit, l’armée américaine a fait exactement ce que Zelensky proposait depuis août 2025. Mais Trump dit qu’il n’a pas besoin de l’aide ukrainienne.

Le Merops avait déjà été déployé en Pologne et en Roumanie en novembre 2025, après que des drones d’attaque russes avaient pénétré à plusieurs reprises l’espace aérien de l’OTAN. La technologie avait fait ses preuves dans le théâtre européen. Son transfert vers le Moyen-Orient était la suite logique d’une chaîne d’innovation qui commence dans les champs de bataille ukrainiens et finit sur les bases américaines en Jordanie. Et pourtant, le président des États-Unis affirme sur Fox News que son pays possède « les meilleurs drones du monde ». La technologie qu’il déploie lui donne tort.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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