Skip to content
ANALYSE : Quand un drone Shahed accouche de deux FPV en plein vol — la guerre des essaims vient de commencer
Crédit: Adobe Stock

Un Shahed transformé en porte-avions miniature

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut d’abord comprendre ce qu’est un Shahed-136. C’est un drone kamikaze iranien, propulsé par un moteur à piston, avec une envergure d’environ 2,5 mètres et une portée de 2 500 kilomètres. Il vole lentement — entre 150 et 185 km/h — mais il est bon marché, entre 20 000 et 50 000 dollars selon les estimations. La Russie en a commandé des milliers à l’Iran, les a rebaptisés Geran-2, et les lance par vagues nocturnes contre les infrastructures ukrainiennes. Des centrales. Des hôpitaux. Des immeubles résidentiels. Chaque nuit, le même ballet macabre.

Mais quelqu’un, dans un bureau d’études russe ou iranien, a eu une idée. Si le Shahed peut transporter une charge explosive de 40 à 50 kilogrammes, pourquoi ne transporterait-il pas autre chose ? Pourquoi pas des drones FPV — ces petits engins agiles, pilotés en vue subjective, capables de frapper un véhicule blindé avec une précision chirurgicale ? L’idée est d’une simplicité terrifiante : le Shahed vole à haute altitude, traverse les premières lignes de défense aérienne, puis largue ses passagers — deux, peut-être bientôt quatre ou six FPV — qui plongent sur leurs cibles avec l’agilité que le Shahed n’a jamais eue.


Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans l’idée d’un drone qui en porte d’autres. Comme si la guerre avait trouvé sa propre logique de reproduction. Comme si les machines avaient appris à se multiplier au-dessus de nos têtes.

Pourquoi cela change les règles du jeu

Le problème des drones FPV classiques, c’est leur portée limitée. Un FPV standard a une autonomie de 5 à 15 kilomètres, parfois moins. Il faut un opérateur relativement proche de la ligne de front pour le piloter. C’est efficace en combat tactique, mais ça ne permet pas de frapper en profondeur. Le concept drone-mère résout ce problème d’un coup. Le Shahed fait le trajet — 500, 1 000, 2 000 kilomètres si nécessaire — et les FPV n’ont besoin de voler que les derniers kilomètres. La portée tactique du FPV vient de passer de 15 kilomètres à 2 500. Sans aucune modification du drone lui-même.

Mais ce n’est pas tout. Le Shahed volant en essaim — la Russie en lance souvent 50 à 100 par nuit — chaque drone-mère pourrait déployer deux à six FPV. Faites le calcul. Cent Shaheds porteurs, quatre FPV chacun. Quatre cents drones de frappe surgissant simultanément du ventre de leurs porteurs, à des altitudes et des positions différentes, saturant les défenses aériennes par leur nombre. Ce n’est plus une attaque de drones. C’est une naissance aérienne de masse. Et chaque système de défense au monde, conçu pour traquer un drone à la fois, se retrouve face à un problème mathématique qu’il n’est pas programmé pour résoudre.

Sources

Sources primaires

Defence-ua — Ukrainian Defenders Shoot Down Shahed Drone Carrying Two FPV Drones — Mars 2026

Defense News — Novel Interceptor Drones Bend Air Defense Economics in Ukraine’s Favor — 5 mars 2026

Sources secondaires

CNN — Ukraine Counter-Drone Expertise Sought by Middle East, US and Gulf States — 7 mars 2026


Les sources consultées pour cet article proviennent de médias spécialisés en défense et de publications internationales reconnues, offrant une couverture factuelle et analytique des développements technologiques sur le champ de bataille ukrainien

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu