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BILLET : L’Ukraine attend pendant que le monde regarde ailleurs
Crédit: Adobe Stock

Abu Dhabi, la promesse avortée


On avait presque osé y croire. Presque. Ce mot qui résume toute l’histoire diplomatique de ce conflit.

La réunion d’Abu Dhabi n’était pas un round de négociations comme les autres. Pour la première fois depuis le début des pourparlers brokered par Washington, l’agenda incluait le sujet que tout le monde évitait : les territoires. La Crimée. Le Donbass. Zaporijjia. Kherson. Ces noms que la Russie considère comme définitivement siens et que l’Ukraine refuse de céder. La question qui, si elle trouve une réponse, ouvre la porte à tout le reste. Et si elle n’en trouve pas, referme tout. C’était la réunion de la dernière chance. Celle où les lignes rouges allaient enfin être posées sur la table, noir sur blanc, avec des cartes et des tracés.

Les Émirats arabes unis avaient été choisis pour leur neutralité relative. Un pays qui parle à Moscou sans déplaire à Washington. Un terrain neutre dans un monde où la neutralité est devenue un luxe. Les équipes de négociation étaient prêtes. Les documents préparatoires avaient été échangés. Le format était défini : d’abord les questions territoriales, ensuite les garanties de sécurité, puis le calendrier d’une éventuelle rencontre au sommet. Et pourtant, quelques jours avant la date prévue, un seul coup de téléphone a suffi. Reporté. Les bombes tombaient déjà sur Téhéran.

Ce que les dossiers contenaient

Les documents qui devaient être discutés à Abu Dhabi représentaient des mois de travail diplomatique. Des compromis arrachés phrase par phrase, mot par mot. Des formulations calibrées pour que Moscou ne claque pas la porte et que Kiev ne perde pas la face. Le travail invisible de dizaines de diplomates qui croient encore que les mots peuvent arrêter les armes. Et tout ça est resté dans des mallettes. Fermées. En attente d’une date qui ne vient pas. Parce que le monde a décidé que l’Iran était plus urgent. Parce que le pétrole à plus de 100 dollars le baril pèse plus lourd que des vies ukrainiennes dans la balance de la realpolitik.

La question territoriale était le noeud. Le Kremlin exige la reconnaissance de ses annexions. Kiev exige le retour à ses frontières de 1991. Entre les deux, un gouffre que seule une volonté politique massive peut combler. Cette volonté existait peut-être en février. Elle s’est évaporée en mars. Comme la rosée du matin sur un champ de bataille. On peut toujours dire qu’elle reviendra. On peut toujours promettre que ce n’est que partie remise. Mais chaque jour qui passe sans négociation est un jour où la Russie consolide ses positions. Chaque semaine de silence est une semaine où le statu quo se durcit un peu plus.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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