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BILLET : Trump bombarde l’économie mondiale et personne ne semble voir les éclats
Crédit: Adobe Stock

La doctrine de la douleur partagée

Trump a toujours cru — sincèrement, obstinément, contre l’avis de chaque économiste sérieux de la planète — que les tarifs douaniers étaient une arme magique. Qu’ils réduiraient le déficit commercial, ramèneraient les emplois manufacturiers en Amérique, augmenteraient les salaires des travailleurs, et que tout cela ne coûterait rien aux Américains. La beauté de cette croyance tient à sa simplicité. La tragédie, c’est qu’elle est fausse sur chaque point. Le déficit commercial s’est creusé. Les emplois manufacturiers n’ont pas resurgi. Les salaires réels stagnent. Et le coût, lui, est bien réel — 94 pour cent du poids des tarifs retombe directement sur les entreprises et les ménages américains.

La Cour suprême des États-Unis, pourtant dominée par une majorité conservatrice, a jugé bon de rappeler au président que ses pouvoirs ont des limites constitutionnelles. L’arrêt du 20 février 2026 était sans ambiguïté : l’International Emergency Economic Powers Act ne confère pas le droit d’imposer des tarifs commerciaux. Six juges contre trois. Et pourtant, quarante-huit heures plus tard, Trump annonçait un nouveau tarif universel de 10 pour cent, contournant la décision par un autre mécanisme juridique. L’escalade, toujours l’escalade. La loi dit non, Trump dit oui, et les marchés encaissent le choc.


Il y a quelque chose de profondément troublant dans un président qui traite une décision de sa propre Cour suprême comme un simple obstacle administratif à contourner — et dans un système qui le laisse faire sans conséquence immédiate.

Le piège des représailles en chaîne

Car les tarifs ne tombent jamais dans le vide. Chaque mesure protectionniste déclenche une riposte symétrique. Le Canada, le Mexique, la Chine — les trois plus grands partenaires commerciaux des États-Unis — ont tous répondu par des contre-tarifs ciblés sur les exportations américaines les plus vulnérables politiquement. L’agriculture du Midwest, l’industrie automobile du Michigan, le secteur technologique de la Californie. La guerre commerciale n’est pas un bras de fer entre nations. C’est un cercle vicieux où chaque coup porté revient en boomerang frapper ceux-là mêmes qu’on prétendait protéger.

Les données du Peterson Institute for International Economics montrent que la reconfiguration promise des chaînes d’approvisionnement ne s’est pas matérialisée. Après plus d’un an de tarifs agressifs, les flux commerciaux bilatéraux ont à peine bougé. Seuls quatre pays ont vu leur part du commerce américain diminuer de plus d’un pour cent — et ce sont précisément les trois plus grands partenaires des États-Unis. Autrement dit, Trump n’a pas rééquilibré le commerce mondial. Il l’a simplement rendu plus cher, plus incertain et plus fragile. Le S&P 500 a reculé de plus de 3 pour cent malgré des résultats d’entreprise supérieurs aux attentes. Le ratio CAPE a atteint 40,2 en janvier 2026 — son plus haut niveau depuis le krach des dot-com. L’indice n’a été aussi surévalué que moins de 3 pour cent du temps dans toute son histoire.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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