Skip to content
CHRONIQUE : La Russie coupe internet, bloque Telegram et bâtit son rideau de fer numérique avant les élections
Crédit: Adobe Stock

Le TSPU, la machine invisible qui avale le trafic

Depuis 2019, la Russie a imposé l’installation d’équipements TSPU — des boîtiers de Deep Packet Inspection — chez tous les fournisseurs d’accès internet du pays. Ces machines ne bloquent pas internet. Elles font pire. Elles interceptent, analysent et manipulent le trafic en temps réel. Chaque paquet de données passe sous leur regard. Chaque connexion VPN peut être identifiée, ralentie ou coupée. Chaque message envoyé via Telegram ou WhatsApp peut être isolé avant d’atteindre son destinataire.

Le résultat est une censure qui ne ressemble pas à de la censure. Pas de page d’erreur. Juste un ralentissement progressif, une dégradation insidieuse, jusqu’à ce que l’application devienne inutilisable. Roskomnadzor appelle cela des restrictions partielles. En réalité, c’est un étranglement méthodique. En août 2025, les appels vocaux et vidéo sur Telegram et WhatsApp ont été bloqués. En octobre, des interruptions intermittentes ont frappé les deux plateformes. En février 2026, 469 services VPN ont été officiellement bloqués. Les trois protocoles VPN les plus utilisés sont ciblés depuis décembre.


Le génie de cette censure, c’est qu’elle ne se voit pas. Pas de mur. Pas de barricade. Juste une lenteur qui s’installe, un service qui se dégrade. Le citoyen ne sait même pas à quel moment exactement il a perdu sa liberté. C’est la différence entre une prison et un brouillard.

469 VPN bloqués et un budget de 2,27 milliards de roubles

En février 2026, Roskomnadzor a confirmé avoir bloqué 469 services VPN. Mais bloquer des VPN existants ne suffit pas. Un budget de 2,27 milliards de roubles — environ 29 millions de dollars — a été alloué au développement d’un système de filtrage alimenté par intelligence artificielle, conçu pour automatiser la détection et le blocage du contenu interdit et des connexions VPN chiffrées. La machine apprend. La machine s’adapte. Et la machine ne dort jamais.

Parallèlement, la Russie a créé son propre registre DNS national — un système parallèle au DNS international. Treize sites web ont été retirés de ce registre : YouTube, Facebook, WhatsApp, Radio Free Europe, The Moscow Times. Des noms qui constituaient les dernières fenêtres ouvertes sur le monde extérieur. Ces fenêtres sont maintenant murées. Et les briques sont faites de code.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu