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CHRONIQUE : Le rêve de regime change en Iran est mort — et le chaos qui vient sera pire
Crédit: Adobe Stock

Bagdad, mars 2003 — la mère de toutes les erreurs

Quand les premiers missiles Tomahawk ont frappé Bagdad dans la nuit du 20 mars 2003, l’administration Bush promettait une guerre rapide et décisive. Shock and Awe. Saddam Hussein renversé en quelques semaines. L’Irak comme premier domino d’une vague démocratique au Moyen-Orient. Vingt ans plus tard : entre 150 000 et 600 000 civils tués, un pays fracturé entre sunnites, chiites et Kurdes, l’émergence de Daech, et une influence iranienne sur l’Irak plus forte qu’elle ne l’a jamais été sous Saddam.

Les mêmes voix qui promettaient un Irak démocratique promettent aujourd’hui un Iran libéré. Mais l’Iran n’est pas l’Irak. C’est un pays de 88 millions d’habitants, trois fois plus peuplé, avec une identité nationale forgée sur trois millénaires, un appareil sécuritaire infiniment plus sophistiqué, et des protocoles de succession prédéterminés qui garantissent la continuité du pouvoir même en cas de décapitation du leadership.


On ne tire pas les leçons de l’histoire quand on refuse de la lire. Et Washington ne lit pas l’histoire. Washington la réécrit — à chaque administration, avec les mêmes erreurs et les mêmes cadavres en notes de bas de page.

Ce que l’Irak aurait dû enseigner

La leçon la plus cruelle de l’Irak : le regime change sans plan de succession crée un vide que les pires acteurs s’empressent de remplir. La dissolution de l’armée irakienne par Paul Bremer en mai 2003 a mis 400 000 hommes armés au chômage du jour au lendemain. Beaucoup ont rejoint l’insurrection. Certains sont devenus les cadres de Daech. La débaassification a purgé l’administration, l’éducation, la santé. Le pays s’est vidé de ses compétences en quelques mois.

En Iran, le Corps des Gardiens de la révolution emploie des centaines de milliers de personnes. Il contrôle des pans entiers de l’économie. Il dirige des hôpitaux, des universités, des entreprises de construction. Démanteler les Gardiens, c’est démanteler l’État iranien lui-même. Et personne à Washington n’a la moindre idée de ce qu’on met à la place. Suzanne Maloney, vice-présidente de la Brookings Institution pour les affaires étrangères, pose la question qui hante tous les planificateurs : comment se fait-il qu’on n’ait pas pleinement envisagé les contingences avant de lancer cette opération ?

Sources primaires

Analyses stratégiques

Iran Regime Change Is the Great Chaos Crisis That Might Soon Begin — 19FortyFive, mars 2026

America Just Admitted the Iran Regime Change Dream Is Dead — 19FortyFive, mars 2026


Les sources ci-dessus constituent le socle factuel de cette analyse. Les interprétations et conclusions appartiennent au chroniqueur.

Rapports institutionnels

Can Iran’s Regime Survive the War? — Brookings Institution, 11 mars 2026

Évaluations de Suzanne Maloney et Mara Karlin sur les scénarios post-conflit et la survie du régime.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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