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CHRONIQUE : Un Iranien meurt dans une prison américaine pendant que Washington bombarde son pays
Crédit: Adobe Stock

L’histoire d’un homme devenu dossier

Pejman est arrivé aux États-Unis en 1991 en tant que résident permanent légal. Il avait vingt-quatre ans. Il a vécu à Nashville, dans le Tennessee. Il a travaillé. Il a payé ses impôts. Il a traversé des décennies sur le sol américain. L’Amérique était sa maison. Pas une escale. Pas un passage. Sa maison. Le 22 août 2014, l’ICE l’a interpellé à Nashville. Le 23 octobre 2014, un juge d’immigration a ordonné son expulsion vers l’Iran. Sauf que l’Iran ne délivrait pas de documents de voyage. On ne pouvait pas le renvoyer. On l’a relâché sous supervision judiciaire.

Pendant onze ans, Pejman a vécu dans ce purgatoire administratif. Ni citoyen, ni expulsé. Présent mais invisible. Toléré mais pas accepté. Et puis Donald Trump est revenu. Les accords de déportation avec l’Iran ont été rétablis. En septembre 2025, un vol charter a renvoyé 120 Iraniens. En janvier 2026, 175 autres avaient été déportés sur trois vols. La machine s’était remise en marche. Pejman a été arrêté de nouveau le 22 avril 2025. Cette fois, personne ne l’a relâché.


Trente-cinq ans. Plus de la moitié d’une vie. Et pourtant, dans le dossier de l’ICE, ces trente-cinq années ne comptent pas. Pejman n’était pas un homme qui avait vieilli en Amérique, qui avait connu ses hivers et ses étés, qui avait appris à aimer le football et le barbecue du 4 juillet. Il était un numéro. Un cas. Un Iranien à traiter.

Le communiqué qui déshumanise

Le communiqué de presse de l’ICE mérite qu’on s’y arrête. L’agence a déclaré que Pejman avait jeté sa chance de vivre le rêve américain. Jeté. Comme on jette un emballage. Comme on jette une canette vide. Trente-cinq ans de vie réduits à un verbe de poubelle. Un homme meurt dans votre système carcéral, avec des antécédents médicaux documentés que vous n’avez pas su gérer, et votre réponse est de dire qu’il a gaspillé sa chance.

Ce n’est pas de la communication institutionnelle. C’est de la cruauté administrative. Quand un gouvernement rédige un communiqué de presse pour blâmer un homme mort de sa propre mort, il franchit une ligne. Une ligne que les démocraties ne sont pas censées franchir. Le National Iranian American Council a qualifié cette mort de profondément troublante. Ryan Costello, son directeur politique, a souligné que les conditions terribles des centres ICE ont joué un rôle dans la dégradation de l’état de santé de Pejman.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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