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COMMENTAIRE : La paix en Ukraine sacrifiée sur l’autel du chaos américain au Moyen-Orient
Crédit: Adobe Stock

Une guerre qui en annule une autre

Le 3 mars 2026, l’Iran a frappé Abu Dhabi. La ville même où devaient se tenir les négociations trilatérales. En une salve de missiles, le lieu de rencontre est devenu une zone de conflit. Les Émirats arabes unis, ce hub diplomatique neutre, se sont retrouvés sur la ligne de front d’une guerre qui ne les concernait pas. La sécurité aérienne dans le Golfe est compromise. Les vols commerciaux sont perturbés. Les délégations diplomatiques ne peuvent plus se déplacer sans escorte militaire.

Et pourtant, une semaine avant les frappes iraniennes, les négociations étaient sur les rails. Les trois parties avaient accepté le format. Les sujets étaient définis. Les délégations étaient constituées. Trois rounds précédents avaient posé les bases — questions territoriales, garanties de sécurité, mécanismes de cessez-le-feu. Ce n’était pas la paix, mais c’était le chemin vers la paix. Un chemin que les bombes américaines sur l’Iran ont dynamité aussi sûrement que les missiles russes sur Kharkiv.


On ne construit pas la paix en multipliant les guerres. C’est une vérité si élémentaire qu’on a honte de devoir l’écrire. Mais apparemment, personne à Washington ne l’a apprise.

La Turquie comme plan B — et ce que ça révèle

Les négociations ont été reportées à la semaine du 16 au 22 mars, cette fois en Turquie. Le changement de lieu n’est pas anodin. Abu Dhabi représentait la neutralité du Golfe, l’argent du pétrole, la discrétion des monarchies. La Turquie d’Erdogan, c’est autre chose. C’est un pays de l’OTAN qui entretient des relations avec Moscou. C’est un intermédiaire intéressé, pas un arbitre désintéressé. Le fait que ce soit le seul endroit disponible en dit long sur l’état du paysage diplomatique mondial.

Mais même cette relocalisation reste fragile. Qui garantit que les responsables américains pourront s’y rendre ? L’envoyé spécial Witkoff a noté que « les deux côtés sont fatigués et épuisés », suggérant qu’un accord est possible. Possible, oui. Mais avec quels interlocuteurs ? Le Département d’État gère la crise iranienne. Le Pentagone déploie des systèmes de défense antiaérienne dans le golfe Persique. Et les conseillers de sécurité nationale dorment quatre heures par nuit en mode gestion de crise. L’Ukraine est passée de priorité à dossier secondaire en moins de dix jours.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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