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COMMENTAIRE : L’Amérique ne sait pas ce qu’elle veut en Iran — et c’est le vrai danger
Crédit: Adobe Stock

La fascination aérienne de Trump

Kelly Grieco, du Stimson Center, a posé le diagnostic avec une précision chirurgicale : Donald Trump est « fasciné par la puissance aérienne » et par ce qu’elle peut accomplir. Le problème, c’est que ce qu’elle peut accomplir se limite à détruire. Pas à construire. Pas à gouverner. Pas à remplacer un régime par un autre. L’aviation réduit en poussière. Elle ne sème pas la démocratie dans les cratères.

Matthew Duss, du Center for International Policy, enfonce le clou : « La puissance aérienne seule n’a jamais produit un changement de régime. » Jamais. Pas en Libye — où il a fallu des rebelles au sol pour déloger Kadhafi. Pas en Afghanistan — où le modèle afghan de 2001 a fonctionné temporairement grâce aux forces spéciales et aux alliés locaux. Et certainement pas en Iran, où aucune force d’opposition crédible n’existe sur le terrain pour prendre le relais des bombes.


Il y a quelque chose de profondément troublant dans cette fascination pour la destruction vue d’en haut. Comme si raser suffisait. Comme si les peuples étaient des décors qu’on remplace après le tournage.

Le fantasme du peuple libéré

Trump a dit aux Iraniens : « Quand nous aurons terminé, prenez le contrôle de votre gouvernement. Il sera à vous. » La phrase est belle. Elle est aussi d’une naïveté stratégique vertigineuse. Car « quand nous aurons terminé » suppose que les États-Unis savent quand s’arrêter. L’histoire prouve le contraire. Et « prenez le contrôle » suppose qu’il existe une alternative organisée, structurée, prête à gouverner 88 millions de personnes dans un pays ravagé par les bombes. Cette alternative n’existe pas.

L’Iran n’est pas l’Irak de 2003. Il n’y a pas d’Ahmed Chalabi en exil avec un plan de gouvernement dans sa mallette. Il n’y a pas de Congrès national iranien financé par la CIA. Il y a un pays dont l’appareil sécuritaire — les Gardiens de la Révolution, 180 000 hommes — reste intact, structuré, armé. Et un nouveau Guide suprême, Mojtaba Khamenei, élu le 8 mars, plus dur que son père, soutenu par l’IRGC, qui a inauguré son règne par une salve de missiles contre Israël et les États du Golfe.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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