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COMMENTAIRE : L’Ukraine rationne son carburant pendant que la guerre en Iran enrichit la Russie
Crédit: Adobe Stock

Vingt millions de barils qui ne passent plus

Il faut comprendre ce que représente le détroit d’Ormuz. Un couloir maritime de 39 kilomètres de large à son point le plus étroit, coincé entre l’Iran et Oman, par lequel transitait un cinquième de tout le pétrole mondial. Chaque jour, des supertankers chargés de brut saoudien, de condensat qatari, de pétrole irakien empruntaient cette artère vitale. C’était le pouls énergétique de la planète. Ce pouls s’est arrêté.

Après l’élimination du guide suprême Ali Khamenei par les forces américano-israéliennes, les Gardiens de la Révolution iraniens ont interdit tout passage maritime. Des missiles antinavires ont frappé des cargos. Plus de 150 navires se sont mis à l’ancre à l’extérieur du détroit, refusant de risquer la traversée. Le trafic de pétroliers a chuté de 70 % en quelques jours. Les pays du Golfe ont réduit leur production totale d’au moins 10 millions de barils par jour. La moitié de ce qui passait normalement par Ormuz. Disparu.


On nous a répété pendant des décennies que la mondialisation nous protégeait. Que l’interdépendance économique rendait la guerre impossible. Le détroit d’Ormuz vient de prouver l’inverse : l’interdépendance ne protège rien. Elle multiplie les vulnérabilités.

Une crise qui dépasse le pétrole

Ce n’est pas seulement du pétrole brut qui ne passe plus. Ce sont aussi des volumes considérables de gaz naturel liquéfié. Le Qatar, premier exportateur mondial de GNL, voit ses cargaisons bloquées. L’AsieJapon, Corée du Sud, Inde, Chine — dépend massivement de ces flux. L’Europe, qui avait remplacé le gaz russe par du GNL après 2022, se retrouve à nouveau dans l’impasse. Les prix de l’énergie explosent sur tous les continents. Et l’Ukraine, au bout de cette chaîne de dominos, absorbe le choc sans amortisseur.

Le rapport de l’AIE de mars 2026 est sans ambiguïté : il s’agit de la plus grande perturbation d’approvisionnement de l’histoire du marché pétrolier mondial. Plus grande que la crise de 1973. Plus grande que l’invasion du Koweït en 1990. Plus grande que tout ce que les modèles économiques avaient prévu. Et pourtant, quand on regarde les déclarations officielles, on entend des mots comme « gérable » et « temporaire ». Gérable pour qui ? Temporaire selon quelle échelle ?

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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