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ÉDITORIAL : La Russie interdit l’avortement à Donetsk — le corps des femmes comme arme de guerre
Crédit: Adobe Stock

Trois verrous, zéro issue

Le système mis en place à Donetsk n’est pas un accident bureaucratique. C’est une architecture de contrôle pensée pour être infranchissable. Premier verrou : le passeport russe. Pour consulter un médecin, il faut avoir accepté la citoyenneté de l’occupant. On demande à une Ukrainienne de renoncer symboliquement à son pays pour consulter un gynécologue. Celles qui refusent n’ont tout simplement aucun accès aux soins. L’invisibilité administrative comme punition.

Deuxième verrou : l’échographie obligatoire. En théorie, un examen médical standard. En pratique, un obstacle insurmontable. Les équipements médicaux sont rares dans les zones occupées. Les hôpitaux ont été bombardés, pillés, désertés par le personnel qualifié. Le coût de l’examen, quand il est disponible, est prohibitif pour des femmes dont les revenus ont été anéantis par le conflit.


Ce n’est pas un hasard si chaque étape du processus est techniquement légale et pratiquement impossible. C’est la signature d’un régime qui a compris que l’interdiction frontale fait mauvais genre — mais que le labyrinthe administratif produit exactement le même résultat, sans le scandale.

Le prêtre comme dernier rempart

Troisième verrou — le plus pervers. Si une femme a réussi à obtenir un passeport russe, trouvé et payé une échographie, et qu’elle maintient sa décision, on l’envoie chez un prêtre orthodoxe. Pas pour une conversation. Pour un entretien disciplinaire. Le terme officiel est consultation éducative. La réalité est un interrogatoire moral où un homme qui n’a jamais porté d’enfant explique à une femme pourquoi elle n’a pas le droit d’en refuser un. Le patriarche Kirill a déclaré en 2023 que convaincre les femmes de renoncer à l’avortement résoudrait la crise démographique russe comme par un coup de baguette magique. Voilà comment le chef spirituel de 146 millions de Russes décrit le contrôle du corps des femmes.

En janvier 2026, l’Église orthodoxe a franchi un cap. Un service de prière national contre l’avortement a été institué le 11 janvier, approuvé par le Saint-Synode. Dans au moins 15 régions russes, des offices ont été célébrés. À Moscou, 3 000 bougies ont été allumées en hommage aux enfants tués par l’avortement. Des lieux de culte ont affiché du matériel anti-avortement provenant d’organisations chrétiennes américaines. La députée Tatiana Boutskaïa a assisté aux offices, scellant l’alliance entre le pouvoir politique et le pouvoir religieux.

Sources primaires

Rapports et enquêtes de terrain


Les sources ci-dessous constituent le socle factuel de cette analyse. Chaque affirmation de cet éditorial repose sur des données vérifiables, publiées par des organisations dont la crédibilité est établie et reconnue internationalement.

Human Rights Watch — Russia: Attacks on Abortion Undermine Women’s Rights — Février 2026

Kyiv Independent — Russia tightens control over abortion in Ukraine’s occupied territories — 2026

Documentation institutionnelle

FIDH — Russia: Reproductive rights at risk and the anti-gender movement against the backdrop of war — 2025

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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