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ÉDITORIAL : Quand le secrétaire à la Défense exige une presse à genoux, la démocratie meurt debout
Crédit: Adobe Stock

Le secrétaire rédacteur en chef

Ce n’est pas une interprétation. Ce sont ses propres mots, prononcés devant les caméras du monde entier. Hegseth a pris les titres des médias américains, un par un, et les a réécrits en direct. Le titre de CNN : « War Widening » — la guerre s’élargit. Sa version corrigée : « Iran Shrinking, Going Underground » — l’Iran rétrécit, passe sous terre. Le titre « Mideast War Intensifies » devait devenir « Iran Increasingly Desperate ». Il ne s’agissait pas de corriger des erreurs factuelles. Hegseth n’a contesté aucun fait rapporté. Le conflit s’est effectivement élargi. Les frappes iraniennes ont touché des cibles civiles et des infrastructures énergétiques. Ce qu’il contestait, c’était l’angle. Le cadrage. L’absence de célébration.

Et puis il y a eu cette phrase, prononcée avec le naturel d’un homme qui ne voit même plus le problème : « Je sais que tout est écrit intentionnellement. » Chaque mot d’un titre est un choix, dit-il. C’est vrai. Mais la conclusion qu’il en tire est glaçante : puisque chaque mot est un choix, le gouvernement devrait avoir son mot à dire sur ce choix. Puisque les titres sont rédigés avec intention, l’intention devrait être patriotique. C’est-à-dire favorable au gouvernement. C’est-à-dire soumise.


Quand un secrétaire à la Défense réécrit les titres des journaux en direct à la télévision, il ne critique pas la presse. Il auditionne pour le rôle de censeur. Et l’audition s’est déroulée sans que personne dans la salle ne lui dise qu’il avait postulé pour le mauvais emploi.

David Ellison et la menace à peine voilée

Au milieu de sa conférence de presse, Hegseth a glissé une phrase qui aurait dû déclencher des alarmes constitutionnelles dans chaque rédaction du pays : « Plus vite David Ellison prend le contrôle de ce réseau, mieux ce sera. » David Ellison, fils de Larry Ellison, cofondateur d’Oracle, est en processus d’acquisition de CNN via la fusion Skydance-Paramount. Le secrétaire à la Défense des États-Unis, depuis le pupitre officiel du Pentagone, appelle publiquement au changement de propriétaire d’un média critique. Ce n’est plus une opinion. C’est une pression politique sur la liberté de la presse, prononcée avec le sourire d’un homme qui sait que personne ne le sanctionnera.

La famille Ellison entretient des liens étroits avec l’administration Trump. Larry Ellison a participé à des collectes de fonds pour le président. Oracle a obtenu des contrats gouvernementaux massifs. Et voilà que le secrétaire à la Défense souhaite publiquement que le fils Ellison prenne le contrôle de CNN. La connexion est aussi subtile qu’un missile Tomahawk dans une vitrine. Et pourtant, dans la salle de presse du Pentagone, pas un correspondant n’a posé la question évidente : « Monsieur le secrétaire, êtes-vous en train de suggérer que le gouvernement devrait influencer la propriété des médias qui le critiquent ? »

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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