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OPINION : Quand le secrétaire à la Défense des États-Unis menace de ne faire aucun quartier, le droit international tremble
Crédit: Adobe Stock

Quand les vainqueurs ont jugé les vaincus pour les mêmes mots

Après la Seconde Guerre mondiale, les procureurs alliés ont siégé à Nuremberg. Parmi les charges : avoir refusé de faire quartier aux forces ennemies. Avoir donné l’ordre de ne pas accepter les redditions. Les États-Unis étaient alors du côté des procureurs. Ils avaient contribué à rédiger les principes qui allaient fonder le droit international humanitaire moderne.

Soixante-dix-huit ans plus tard, le secrétaire à la Défense de cette même nation prononce les mêmes mots que ceux pour lesquels des officiers allemands ont été condamnés. Et pourtant, aucun procureur américain ne bronche. Le Congrès regarde ailleurs. Le pays qui a fondé les tribunaux internationaux s’en exempte avec la désinvolture de celui qui a toujours su que les règles étaient faites pour les autres.


L’histoire ne se répète pas, dit-on. Elle rime. Mais parfois, elle ne rime même plus. Elle se copie-colle, mot pour mot, d’un siècle à l’autre, en changeant simplement les uniformes.

La mémoire sélective des grandes puissances

Les États-Unis ont refusé de ratifier le Statut de Rome créant la Cour pénale internationale. Ils ont adopté l’American Service-Members’ Protection Act, surnommé « Hague Invasion Act », qui autorise la force militaire pour libérer tout citoyen américain détenu par la CPI. Ils se sont construits un bouclier juridique contre les mêmes tribunaux qu’ils ont contribué à créer.

Quand la Russie a envahi l’Ukraine, Washington a réclamé que Vladimir Poutine soit traduit devant la CPI. Mais quand ses propres généraux violent les mêmes principes, le silence s’installe. Ce n’est pas de l’hypocrisie ordinaire. C’est de l’exceptionnalisme érigé en doctrine. Et cette doctrine est en train de détruire ce qui restait de l’ordre juridique international d’après-guerre.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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