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PORTRAIT : Syrskyi dans le Donbass — le commandant en chef qui va là où la guerre est la plus sale
Crédit: Adobe Stock

Le parcours d’un commandant forgé par la guerre

Oleksandr Syrskyi est né en 1965 à Novinki, dans l’oblast de Vladimir — en Russie. Ce détail biographique, que la propagande russe utilise régulièrement pour le discréditer, est en réalité son arme la plus puissante. Syrskyi connaît l’armée russe de l’intérieur. Il a été formé dans le système militaire soviétique. Il comprend la doctrine, la psychologie, les faiblesses de l’ennemi qu’il combat — pas par des rapports de renseignement, mais par expérience directe. Il a commandé la défense de Kyiv en février 2022 — repoussant les forces russes qui tentaient de s’emparer de la capitale en 72 heures. Il a dirigé la contre-offensive de Kharkiv en septembre 2022 — libérant des milliers de kilomètres carrés en quelques jours. Il a été nommé commandant en chef en février 2024, remplaçant le populaire Valery Zaloujny.


Né en Russie. Combattant pour l’Ukraine. C’est peut-être l’ironie la plus cinglante de cette guerre : l’homme qui inflige les défaites les plus humiliantes à l’armée russe est né sur le sol russe. Poutine a envahi l’Ukraine pour « protéger les russophones ». L’un de ces russophones commande les forces qui détruisent son armée. Si la propagande du Kremlin pouvait voir au-delà de ses mensonges, elle verrait dans Syrskyi la preuve vivante que cette guerre n’a jamais été une question de langue ou d’ethnie — mais de liberté contre la tyrannie.

La réputation du « boucher » — le prix du commandement

Syrskyi n’est pas un commandant aimé de tous. Parmi les soldats ukrainiens, il porte le surnom de « boucher » — référence aux pertes élevées qu’ont subies les unités sous son commandement, particulièrement lors de la défense de Bakhmout en 2023. La décision de tenir Bakhmout à tout prix — plutôt que de se replier sur des positions plus défendables — reste l’une des décisions les plus controversées de la guerre. Les critiques affirment que Syrskyi a sacrifié des milliers de soldats pour une ville sans valeur stratégique majeure. Ses défenseurs rétorquent que Bakhmout a fixé et détruit les meilleures troupes du groupe Wagner — contribuant directement à l’affaiblissement de la capacité offensive russe. La vérité, comme souvent en guerre, se situe probablement entre les deux.

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