Skip to content
TÉMOIGNAGE : Il marchait en faisant signe de la main — les parachutistes ukrainiens l’attendaient depuis sept kilomètres
Crédit: Adobe Stock

Sept kilomètres de vide stratégique

Pour comprendre comment un commandant de bataillon peut marcher droit vers des parachutistes ukrainiens sans le savoir, il faut comprendre ce qui s’est passé sur l’axe d’Oleksandrivka. Depuis la fin janvier 2026, les Forces d’assaut aérien et les unités adjacentes ont mené une opération offensive qui a transformé le paysage tactique de tout le front sud. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 400 kilomètres carrés repris. Huit localités libérées. Des percées allant jusqu’à 10, 11, même 12 kilomètres au-delà de la ligne de contact. Le 1er Régiment d’assaut, commandé par Dmytro « Perun » Filatov, a défoncé les défenses russes en utilisant des véhicules blindés pour foncer droit à travers les lignes. Le 2e Bataillon de la 95e Brigade aéromobile, sous les ordres d’Anton Derliuk, a percé entre 10 et 11 kilomètres au-delà de la ligne de front.


Dix kilomètres. Ça ne ressemble à rien sur une carte. Mais sur le terrain, c’est un monde. C’est passer à travers des champs de mines, des tranchées, des nids de mitrailleuses, des positions d’artillerie — et arriver de l’autre côté vivant. C’est ce que ces soldats ont fait. Et le commandant russe ne le savait même pas.

L’art de la percée silencieuse

Ce n’était pas un assaut frontal classique. Les parachutistes ukrainiens ont exploité la neige et le brouillard pour des opérations de sabotage à pied, détruisant systématiquement les unités de reconnaissance russes et les opérateurs de drones ennemis avant de progresser. L’idée était simple mais redoutable : aveugler l’ennemi d’abord, avancer ensuite. Quand les forces russes ont perdu leurs yeux — leurs drones, leurs éclaireurs, leurs capteurs — elles ont perdu la capacité de comprendre ce qui se passait devant elles. Et c’est dans ce brouillard informationnel qu’un commandant de bataillon s’est retrouvé à saluer ses propres tueurs. L’axe d’Oleksandrivka, à la jonction des oblasts de Donetsk, Zaporizhzhia et Dnipropetrovsk, est devenu le théâtre d’une manœuvre de flanquement entre Dobropillia et Nove Zaporizhzhia — une opération coordonnée sur deux fronts.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu