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TÉMOIGNAGE : Liban, 760 000 déplacés dorment dans des écoles pendant que l’aide commence à peine
Crédit: Adobe Stock

Les routes de l’exode

Quand les frappes aériennes se sont intensifiées sur le sud du Liban et la banlieue sud de Beyrouth, les familles n’ont pas eu le temps de réfléchir. Elles ont pris ce qu’elles pouvaient porter. Un sac. Un enfant. Un téléphone. Certaines n’ont même pas eu le temps de fermer la porte. La porte qui n’existe plus, de toute façon. Les ordres d’évacuation lancés par l’armée israélienne tombaient comme des sentences. Sur les routes du Liban-Sud, les colonnes de véhicules s’étiraient sur des kilomètres. Des familles entassées dans des voitures, des pick-up, des camionnettes. Certaines marchaient. Des femmes enceintes. Des personnes âgées en fauteuil roulant poussées par des adolescents. Des enfants pieds nus sur l’asphalte brûlant. Ahmad, père de deux filles de deux ans et sept mois, a raconté à Save the Children ce qu’il ressentait. Ses mots sont simples. Ils sont terrifiants.

Ahmad a dit ceci : ma femme et moi sommes terrifiés par ce qui pourrait arriver. Nous avons peur pour nos filles. Et si quelque chose leur arrivait. Et si quelque chose nous arrivait à nous, qu’est-ce qu’elles deviendraient. Notre bébé de sept mois pleure sans arrêt parce qu’elle sent notre peur. Ce témoignage n’a pas fait la une des journaux occidentaux. Il n’a pas été retweeté un million de fois. Il n’est pas devenu viral. C’est juste un père. Avec ses deux filles. Dans un pays qui s’effondre. Et personne ne regarde.


Quand un père vous dit que son bébé de sept mois pleure parce qu’elle sent sa peur, il n’y a rien à ajouter. Pas d’analyse. Pas de contexte géopolitique. Pas de nuance diplomatique. Juste un bébé qui pleure. Et un monde qui regarde ailleurs.

La géographie de la fuite

L’Organisation internationale pour les migrations a identifié près de 779 613 personnes déplacées internes à travers le Liban. Les flux se dirigent vers le nord, vers Beyrouth, vers le Mont-Liban, vers Tripoli. Certains vers la Syrie, un pays lui-même ravagé par treize ans de guerre. Plus de 300 000 Libanais et Syriens ont franchi la frontière syrienne. L’ironie est tellement amère qu’elle en devient insupportable. Des réfugiés syriens qui avaient fui la Syrie pour le Liban fuient maintenant le Liban pour retourner en Syrie. Le cercle de la violence ne se referme pas. Il tourne. Et il broie tout sur son passage. Le Conseil norvégien pour les réfugiés a documenté cette spirale. Des personnes déplacées deux fois. Trois fois. Certaines en sont à leur quatrième déplacement. À chaque fois, elles perdent un peu plus. Un peu plus de dignité. Un peu plus d’espoir. Un peu plus de cette chose fragile qu’on appelle une vie normale.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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