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ANALYSE : La Russie est le seul gagnant de la guerre contre l’Iran et l’Europe vient de le comprendre trop tard
Crédit: Adobe Stock

Cent dollars le baril ou la résurrection financière du Kremlin

Il faut comprendre ce que signifie un baril à cent dollars pour la Russie. Le budget fédéral russe pour 2026 a été construit sur une hypothèse de soixante-dix dollars le baril. Chaque dollar au-dessus de ce seuil représente un surplus budgétaire que le Kremlin peut réinjecter directement dans son effort de guerre en Ukraine. À cent dollars, c’est un bonus de trente dollars par baril sur chaque unité exportée. Multipliez par les cinq millions de barils que la Russie exporte quotidiennement, et vous obtenez un calcul vertigineux. Cent cinquante millions de dollars de surplus par jour. Quatre milliards et demi par mois. De quoi acheter des obus, des missiles, des drones iraniens — l’ironie ne manque pas — et payer les salaires des soldats envoyés mourir dans les tranchées ukrainiennes.

L’économie de guerre russe, que les sanctions occidentales avaient tenté d’étrangler depuis 2022, respire de nouveau à pleins poumons. Les restrictions imposées par le G7 et l’Union européenne sur le pétrole russe — notamment le plafonnement à soixante dollars le baril — avaient montré leurs limites bien avant le conflit iranien. La flotte fantôme de pétroliers russes, ces navires sans assurance ni pavillon reconnu, continuait de livrer du brut aux quatre coins du monde. Mais avec le détroit d’Ormuz partiellement bloqué, même les acheteurs les plus réticents se tournent vers Moscou par nécessité. La Russie n’a même pas besoin de forcer la porte. La guerre contre l’Iran lui ouvre grand les bras.

Je mesure l’ironie amère de cette situation. Les États-Unis et Israël bombardent l’Iran, allié de la Russie, et c’est la Russie qui en sort gagnante. Chaque missile tiré sur Téhéran est un chèque signé à Moscou. Chaque jour de blocage du détroit d’Ormuz est un jour de prospérité pour les caisses de Poutine. On pourrait presque croire que Vladimir Poutine a écrit le scénario de cette guerre lui-même.

Les sanctions occidentales rendues obsolètes par la géopolitique du chaos

Les sanctions, patiemment construites au fil de quatre années de guerre en Ukraine, sont en train de perdre leur mordant. Non pas parce qu’elles sont mal conçues, mais parce que le contexte géopolitique les a rendues caduques. Quand le pétrole iranien disparaît du marché mondial, quand les pays du Golfe peinent à compenser les volumes perdus, quand les prix s’envolent et que l’inflation menace de nouveau les économies occidentales, la tentation de rouvrir le robinet russe devient irrésistible. Et Poutine le sait. Il l’a d’ailleurs dit publiquement.

Le 9 mars, dans des commentaires télévisés, le président russe a déclaré que la Russie était prête à fournir pétrole et gaz à l’Europe si celle-ci souhaitait reprendre une coopération à long terme. Un geste calculé. Une main tendue avec un couteau dans l’autre. Parce que chaque contrat gazier signé avec Moscou est un lien de dépendance. Chaque pipeline réactivé est un levier de chantage géopolitique. L’Europe a mis quatre ans à se sevrer de l’énergie russe. Poutine propose de tout recommencer.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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