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CHRONIQUE : Les rails de l’Ukraine saignent sous les drones russes et le monde n’entend pas le sifflement des trains fantômes
Crédit: Adobe Stock

Vingt et un mille kilomètres de rails qui tiennent un pays debout

Ukrzaliznytsia, la compagnie nationale des chemins de fer ukrainiens, opère l’un des réseaux ferroviaires les plus étendus d’Europe. Plus de vingt et un mille kilomètres de voies ferrées qui irriguent le pays d’est en ouest, du nord au sud. Ce réseau transporte chaque jour des dizaines de milliers de passagers et des centaines de milliers de tonnes de marchandises. Depuis le début de l’invasion en février 2022, il a également évacué des millions de réfugiés, acheminé de l’aide humanitaire et transporté du matériel militaire vers les zones de combat.

Le train est pour l’Ukraine ce que la route est pour les États-Unis : le moyen de transport fondamental qui relie les communautés, alimente l’économie et maintient la cohésion nationale. Les villes ukrainiennes sont connectées par un maillage ferroviaire si dense que la destruction d’une ligne peut être compensée par le détournement vers une autre. Cette redondance du réseau est à la fois sa force et son défi : plus il y a de lignes, plus il y a de cibles potentielles pour les drones russes.


Je pense souvent aux cheminots ukrainiens. Ces hommes et ces femmes qui montent dans leur locomotive chaque nuit en sachant qu’un drone peut les frapper à tout moment. Ils n’ont pas d’armure. Ils n’ont pas de système de défense aérienne personnel. Ils ont un train, un horaire et un pays qui compte sur eux. Et ils y vont. Chaque nuit. Sans hésiter. Cela s’appelle du courage. Le genre de courage que personne ne remarque parce qu’il ne fait pas de bruit.

Le double rôle militaire et civil qui rend le réseau indispensable

Le réseau ferroviaire ukrainien remplit un double rôle que la guerre a rendu encore plus critique. Sur le plan militaire, il achemine les munitions, les équipements et les renforts vers les lignes de front. Les systèmes d’armes livrés par les partenaires occidentaux arrivent par les ports polonais et roumains puis sont transportés par train à travers le territoire ukrainien. Couper cette chaîne logistique, c’est affaiblir directement la capacité de l’Ukraine à se défendre. Et pourtant, malgré les frappes répétées, les trains continuent de rouler.

Sur le plan civil, le réseau assure l’approvisionnement des villes en nourriture, en médicaments, en combustible. Les trains de nuit restent le moyen de transport le plus utilisé par les Ukrainiens pour traverser leur pays. Les familles séparées par la guerre se retrouvent grâce au train. Les blessés sont évacués vers les hôpitaux de l’arrière par le train. Les enfants rejoignent les zones plus sûres de l’ouest par le train. Frapper ce réseau, c’est frapper la vie même du pays.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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