Skip to content
ÉDITORIAL : Kharg Island en flammes, Trump joue au pyromane sur le nerf pétrolier de la planète
Crédit: Adobe Stock

L’anatomie d’une île qui vaut plus que certains pays

Pour comprendre la portée de ce qui vient de se passer, il faut comprendre ce qu’est Kharg Island. Cet affleurement corallien de quelques kilomètres carrés, situé à vingt-cinq kilomètres des côtes iraniennes et à cinquante-cinq kilomètres au nord-ouest de Bushehr, est l’un des points névralgiques les plus importants de l’économie mondiale. Ce n’est pas une métaphore. Ce n’est pas une exagération. C’est un fait froid et vérifiable. Chaque année, 950 millions de barils de pétrole transitent par ses installations.

Les analystes avaient repéré les signes avant-coureurs. Des images satellite montraient que l’Iran avait commencé à réduire ses stocks de pétrole sur l’île dès le début du mois de février. En janvier, vingt-sept réservoirs étaient estimés pleins. Au 7 mars, il n’en restait que neuf. Téhéran savait. Téhéran se préparait. Téhéran a eu raison de s’inquiéter, mais tort de croire que la préparation suffirait face à la puissance de feu américaine.

Il y a quelque chose d’obscène dans le fait de parler d’une île comme d’un actif à détruire ou à préserver selon les humeurs d’un président. Kharg Island abrite des gens. Des travailleurs. Des familles. Mais dans le langage aseptisé de la guerre moderne, ils n’existent pas. Ils sont des points sur une carte que l’on peut oblitérer sans que le mot ne fasse même sourciller.

Pourquoi Trump a épargné le pétrole — pour l’instant

Le détail le plus révélateur de cette opération n’est pas ce qui a été détruit. C’est ce qui ne l’a pas été. Trump a explicitement déclaré avoir choisi de ne pas détruire les infrastructures pétrolières de l’île. Il a dit avoir épargné les terminaux de chargement, les réservoirs, les pipelines.

Les prix du pétrole ont déjà bondi à des niveaux qui n’avaient plus été atteints depuis la crise de 1973. Les économies européennes vacillent. Les pays en développement, ceux qui dépendent le plus des importations d’hydrocarbures, sont au bord de l’asphyxie. Et tout cela parce qu’un homme, depuis un bureau ovale, a décidé que le moment était venu de jouer sa partie d’échecs géopolitique la plus dangereuse.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

facebook icon twitter icon linkedin icon
Copié!
Plus de contenu