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ÉDITORIAL : Les drones ukrainiens embrasent la plus grande raffinerie du sud de la Russie et son port stratégique
Crédit: Adobe Stock

Six millions de tonnes et une vulnérabilité béante

La raffinerie d’Afipsky est un monument de l’industrie pétrolière soviétique puis russe. Construite pour traiter le pétrole brut du sud de la Russie, elle alimente en carburant toute la région de Krasnodar, le sud du pays, et fournit une partie du diesel utilisé par les forces armées russes déployées dans le sud de l’Ukraine et en Crimée. Sa capacité annuelle de six millions de tonnes en fait un maillon irremplaçable de la chaîne pétrolière russe.

Et cette installation massive vient d’être frappée par des engins qui coûtent moins cher qu’une voiture d’occasion. Les drones ukrainiens à longue portée, assemblés dans des ateliers parfois installés dans d’anciens garages, ont traversé des centaines de kilomètres d’espace aérien russe sans être interceptés. La défense aérienne russe, vantée comme la meilleure au monde, n’a pas empêché des drones volant à basse altitude d’atteindre une cible dont les coordonnées sont disponibles sur Google Maps. Artem, 28 ans, ingénieur aéronautique dans une entreprise ukrainienne de drones, sourit quand on lui parle de la défense aérienne russe. Il dit que ses drones la traversent comme un couteau dans du beurre.

Six millions de tonnes de capacité de raffinage menacées par un drone à cinquante mille dollars. C’est le ratio qui résume toute cette guerre. La Russie a dépensé des milliards dans sa défense. L’Ukraine a dépensé de l’ingéniosité. Et c’est l’ingéniosité qui gagne.

Les conséquences en cascade sur l’économie de guerre russe

Quand une raffinerie de cette taille est touchée, les conséquences ne se limitent pas au site. Toute la chaîne en aval est affectée. Les stations-service de la région risquent des pénuries. Les forces armées qui dépendent de ce carburant voient leur approvisionnement perturbé. Les exportations de produits pétroliers depuis le sud de la Russie sont interrompues ou réduites.

La Russie a perdu depuis le début de la campagne ukrainienne de frappes profondes une part significative de sa capacité de raffinage. Les estimations varient, mais les analystes de l’industrie pétrolière parlent de 10 à 15 pour cent de réduction. Ce chiffre peut sembler modeste. Il ne l’est pas. Dans une économie de guerre, chaque pourcentage compte. Et chaque raffinerie endommagée met des mois à être réparée — si elle peut l’être.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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