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ÉDITORIAL : Poutine offre son pétrole à l’Europe pendant que la guerre en Iran fait flamber les prix et c’est un piège
Crédit: Adobe Stock

Le prix colossal de l’indépendance vis-à-vis du gaz russe

L’Europe a consenti des sacrifices considérables pour se libérer de l’emprise énergétique russe. Depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022, la part du gaz russe dans les importations européennes est passée de quarante pour cent à moins de quinze pour cent. Ce sevrage a coûté des centaines de milliards d’euros. Construction de terminaux de GNL en Allemagne, en France, aux Pays-Bas. Contrats à long terme avec le Qatar, les États-Unis, la Norvège, l’Australie. Subventions massives pour les énergies renouvelables. Rénovation thermique accélérée des bâtiments. Reconversion industrielle dans les secteurs les plus énergivores.

Les citoyens européens ont payé le prix fort. Des factures d’énergie qui ont doublé, parfois triplé. Des entreprises qui ont fermé ou délocalisé faute de compétitivité. Une inflation alimentée par les coûts énergétiques qui a rongé le pouvoir d’achat. Et pourtant, les Européens ont tenu. Parce qu’ils comprenaient que financer l’énergie russe, c’était financer les missiles qui tombaient sur les villes ukrainiennes. Le sevrage était douloureux mais nécessaire. Il était le prix de la dignité stratégique.

Et c’est précisément ce sacrifice que Poutine cherche à rendre vain. Chaque euro investi dans l’indépendance énergétique, chaque hiver traversé sans gaz russe, chaque facture absorbée par les ménages européens — tout cela serait réduit à néant si l’Europe cédait à la tentation de rouvrir les vannes russes. Poutine ne propose pas du gaz. Il propose l’effacement de quatre ans de résistance.

Le règlement européen du 18 mars 2026 ou le test de la volonté

Le calendrier rend la manoeuvre de Poutine encore plus perverse. En janvier 2026, le Conseil de l’Union européenne a adopté un règlement interdisant les importations de GNL et de gaz par pipeline en provenance de Russie à partir du 18 mars 2026, avec des périodes de transition pour les contrats existants. D’ici fin 2027, toutes les importations de gaz russe seront prohibées. Ce règlement représentait l’aboutissement de quatre ans d’efforts pour couper le cordon énergétique avec Moscou.

Et voilà que neuf jours avant l’entrée en vigueur de cette interdiction, la guerre contre l’Iran fait exploser les prix et crée une pénurie que personne n’avait anticipée. Le timing est si parfait qu’il en devient suspect. Poutine ne crée pas la crise. Mais il l’exploite avec une précision chirurgicale. Son message aux Européens est limpide — vous allez interdire mon gaz le 18 mars, mais d’ici là, vous aurez tellement besoin de moi que vous supplierez pour des dérogations.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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