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ÉDITORIAL : Washington trahit l’Ukraine en desserrant l’étau des sanctions sur le pétrole russe
Crédit: Adobe Stock

Comment Washington a renversé sa propre politique de sanctions

Pour comprendre la gravité de cette décision, il faut revenir aux sanctions elles-mêmes. Depuis février 2022, les États-Unis et leurs alliés ont construit un régime de sanctions contre la Russie sans précédent dans l’histoire moderne. Le plafonnement du prix du pétrole russe à soixante dollars le baril, imposé en décembre 2022, visait à réduire les revenus pétroliers de Moscou tout en maintenant le flux de pétrole sur les marchés mondiaux. Les sanctions sur les tankers de la flotte fantôme russe, les restrictions sur les services d’assurance maritime et les interdictions bancaires ont été méticuleusement élaborées pour étrangler le financement de la guerre.

Et en un jour, d’un trait de plume, l’administration Trump défait ce que des années de diplomatie multilatérale avaient construit. La dérogation de trente jours permet aux pays d’acheter du pétrole russe sanctionné qui était bloqué en mer. Des tankers chargés de brut russe, immobilisés par les sanctions, vont pouvoir décharger leur cargaison. Les acheteurs qui hésitaient vont se précipiter. Et les dollars vont affluer dans les caisses du Kremlin. Directement. Sans filtre. Sans excuse.

Ce qui me révolte dans cette décision, ce n’est pas seulement son contenu. C’est son cynisme. L’administration Trump sait exactement où iront ces dix milliards de dollars. Elle sait qu’ils financeront des missiles qui frapperont des immeubles résidentiels à Kharkiv. Elle sait qu’ils paieront les soldes de soldats envoyés au massacre dans le Donbas. Elle le sait. Et elle le fait quand même. Parce que le prix du gallon d’essence en Amérique compte plus que la vie des Ukrainiens.

Le prétexte iranien, un écran de fumée grossier

La justification officielle est la guerre contre l’Iran. La fermeture du détroit d’Ormuz, par lequel transite environ un cinquième du pétrole mondial, a perturbé les marchés énergétiques. Les prix du brut ont flambé. L’inflation menace.

Et l’administration Trump, obsédée par les prix à la pompe en vue des prochaines échéances politiques, a choisi la solution la plus rapide et la plus destructrice. Ouvrir les vannes du pétrole russe pour faire baisser les prix. Peu importe les conséquences pour l’Ukraine. Peu importe le message envoyé à Poutine.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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