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ENQUÊTE : La CPI ouvre une enquête contre le régime Loukachenko, et le mur de l’impunité se fissure enfin
Crédit: Adobe Stock

Une élection volée et la rage d’un peuple trahi

L’élection présidentielle biélorusse du 9 août 2020 a été le détonateur d’une crise dont les répliques se font sentir six ans plus tard. Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, s’est autoproclamé vainqueur avec un score grotesque de 80 pour cent des voix. Svetlana Tsikhanouskaya, la candidate de l’opposition, avait galvanisé des centaines de milliers de citoyens autour d’un espoir simple : la fin de vingt-six ans de dictature.

Ce qui a suivi reste l’une des pages les plus sombres de l’histoire européenne récente. Les forces de sécurité biélorusses — police anti-émeute, OMON, services de renseignement — ont déchaîné une violence inouïe contre les manifestants pacifiques. Plus de treize mille cinq cents personnes arrêtées en six jours selon le Haut-Commissariat des Nations unies. Des passages à tabac systématiques, des tirs de grenades assourdissantes dans des foules désarmées, des interpellations massives suivies de traitements inhumains.

J’ai regardé ces vidéos. Des gens en t-shirts blancs et rouges, les couleurs de la liberté biélorusse, traînés dans des fourgons par des hommes en noir sans visage. Des femmes hurlant le nom de leurs proches avalés par la nuit. Et je me suis demandé combien de temps il faudrait au monde pour réagir. Six ans. Il a fallu six ans.

La torture comme politique d’État documentée

Le Bureau des droits de l’homme des Nations unies a documenté plus de quatre cent cinquante cas de torture dès septembre 2020. Le Centre des droits humains Viasna, fondé par le futur prix Nobel de la paix Ales Bialiatski, a compilé plus de mille témoignages de victimes. Des rapports font état d’abus sexuels, de viols, de passages à tabac prolongés dans des cellules surpeuplées.

Et pourtant, malgré cette documentation massive, la réponse du monde est restée d’une tiédeur confondante. Des sanctions économiques ciblées, des déclarations de condamnation, des résolutions sans contrainte. Rien qui ait véritablement entamé la machine répressive de Loukachenko. Rien qui ait empêché un seul coup de matraque dans les prisons biélorusses.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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