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ENQUÊTE : La Russie gaze ses tranchées et le monde compte les morts sans broncher
Crédit: Adobe Stock

Un traité international réduit à du papier

La Convention sur les armes chimiques a été signée en 1993, ratifiée par 193 États. Elle interdit le développement, la production, le stockage et l’utilisation d’armes chimiques. Elle a été conçue après des décennies d’horreurs — les tranchées de la Première Guerre mondiale noyées dans le gaz moutarde, les villages kurdes bombardés au tabun par Saddam Hussein, les enfants de la Ghouta étouffés par le sarin de Bachar al-Assad. Et pourtant. Et pourtant, en 2026, un membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies utilise systématiquement des substances chimiques toxiques sur un champ de bataille européen, et le mécanisme censé empêcher cela fonctionne au ralenti d’une bureaucratie conçue pour ne jamais déranger les puissants.


On a créé l’OIAC pour que plus jamais un gouvernement ne puisse gazer des êtres humains en toute impunité. Et voilà qu’on regarde la Russie le faire 12 500 fois, et on rédige des rapports.

L’OIAC entre ses propres contradictions

L’OIAC a un mandat. Ce mandat consiste à travailler de manière impartiale pour les 193 États parties. L’organisation confirme que du CS a été trouvé sur les lignes de front, mais ne peut pas déterminer qui a lancé les grenades. C’est comme demander à un médecin légiste de confirmer qu’une balle a traversé un corps, mais de ne surtout pas chercher qui a appuyé sur la détente. Les analyses de laboratoire des laboratoires indépendants du réseau OIAC confirment la présence de CS dans trois incidents survenus en octobre 2024 dans la région de Dnipropetrovsk. Les preuves sont là. Mais l’attribution formelle reste une frontière que l’organisation refuse de franchir.

Et pourtant, les faits parlent d’eux-mêmes. Qui d’autre que la Russie lancerait des grenades de CS dans des tranchées ukrainiennes situées sur la ligne de front ? Les Ukrainiens se gazeraient-ils eux-mêmes dans leurs propres positions défensives ? L’absurdité de la neutralité procédurale face à l’évidence factuelle constitue en elle-même une forme de complicité. Quand les preuves s’accumulent et que l’institution chargée de protéger le monde refuse de nommer le coupable, c’est l’architecture entière du droit international qui se fissure.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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