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ENQUÊTE : La Russie propose à l’Inde un Su-57 biplace qui n’existe pas et révèle son bluff technologique
Crédit: Adobe Stock

Un programme qui accumule les retards depuis deux décennies

Pour comprendre pourquoi l’offre du Su-57 biplace relève du bluff, il faut d’abord examiner l’état réel du Su-57 monoplace — celui qui existe véritablement. Le programme PAK FA, lancé au début des années 2000, devait donner à la Russie un chasseur de cinquième génération capable de rivaliser avec le F-22 Raptor américain. Plus de vingt ans plus tard, la Force aérienne russe ne dispose que d’une poignée de Su-57 opérationnels. Les estimations les plus optimistes parlent d’une vingtaine d’appareils livrés aux forces aérospatiales russes. Les plus réalistes évoquent moins de dix véritablement opérationnels.

Les retards se sont accumulés à chaque étape. Le premier vol du prototype, en janvier 2010, avait suscité l’enthousiasme. Mais les problèmes techniques se sont rapidement multipliés. Moteurs insuffisants. Avionique en retard sur les promesses. Signature radar jugée insuffisamment furtive par les analystes occidentaux. Capacités de supercruise non démontrées. Le Su-57 est un avion qui promet depuis vingt ans ce qu’il ne livre pas — et c’est cet avion que la Russie veut maintenant vendre à l’Inde dans une version biplace qui n’a même pas encore été conçue.

Et pourtant, la Russie parle du Su-57 comme d’un chasseur révolutionnaire. Comme d’un rival du F-35. Comme d’une machine de guerre capable de dominer les cieux du vingt et unième siècle. Mais les faits racontent une autre histoire. Vingt ans de développement. Une poignée d’appareils opérationnels. Des moteurs qui ne sont pas encore au point. Un déploiement en Ukraine quasi inexistant. Quand l’écart entre le récit commercial et la réalité opérationnelle est aussi abyssal, on n’appelle plus ça du marketing. On appelle ça un bluff.

Le fiasco du moteur Izdeliye-30 qui devait tout changer

Le talon d’Achille du Su-57 a toujours été son moteur. Les premiers prototypes volaient avec le AL-41F1S, une version améliorée du moteur qui équipe le Su-35 — un chasseur de quatrième génération. Autrement dit, le chasseur de cinquième génération russe volait avec un moteur de quatrième génération. Le véritable moteur du Su-57, l’Izdeliye-30 — aussi appelé AL-51F1 —, est en développement depuis des années. Il promet une poussée supérieure, une consommation réduite et la capacité de supercruise — le vol supersonique sans postcombustion.

Mais l’Izdeliye-30 n’a pas encore été intégré en série dans le Su-57. Les essais en vol se poursuivent. Les problèmes de fiabilité persistent. Et c’est ce moteur — qui n’est pas encore au point pour le monoplace — que la Russie propose de transférer technologiquement à l’Inde pour un biplace qui n’existe même pas. La logique commerciale défie l’entendement. On ne peut pas transférer une technologie qu’on ne maîtrise pas soi-même. On ne peut pas promettre un moteur qui n’est pas encore fiable dans sa propre armée de l’air.

Ce contenu a été créé avec l'aide de l'IA.

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